P A R A L L E L BLOG (2.0)

Le blog officiel de la guilde des tourneurs-fraiseurs du Creusot


Ok by me in America

Hier soir, et uniquement parce que je l'avais promis, je me suis livré à un exercice dans lequel je suis particulièrement maladroit et mal à l'aise : les mondanités. Bon, y en a qui aiment ça, moi le serrage de paluches à des inconnus et le sirotage de champagne entre deux rombières mal baisées qui se demandent ce que vous vous foutez là, je suis désolé, ça n'a jamais été ma came. Hier soir, donc,à la mairie de Vincennes, c'était l'inauguration du Festival America, festival de littérature nord-américaine (ça fait pointu comme ça, mais bon, dans le milieu, c'est un peu connu). J'ai tout fait comme on m'a dit, je me suis présenté à une trentaine de personnes que je ne connaissais pas (éditeurs, attachés de presse, journalistes, écrivains, femme d'écrivains, traducteurs, pique-assiettes, etc.), j'ai écouté les commérages de la profession ("Han, c'est cette salope de **** qui dirige ****"), le tout avec force sourires, preuve s'il en fallait que j'ai été plutôt bien élevé.

Ce genre de grand raout mondain n'est pas exempt de l'exercice par chacun de son animalité la plus profonde : il s'agissait donc, quitte à écraser des pieds, de se jeter le plus vite possible sur le buffet pour arriver à obtenir la liqueur précieuse de ce type d'événements : le champagne. "Comme tu es grand et fin, tu arriveras bien à nous dégotter quatre coupes, hein". J'ai même failli renverser une des quatre coupes sur la veste de Chuck Palahniuk : vu ce qu'il écrit, j'ai eu un peu peur de ce qu'il eût pu arriver.

Mais parce que le métier d'écrivain n'est pas incompatible avec le statut de beau gosse, il y avait quand même un peu de quoi se rincer l'oeil : le plutôt pas mal du tout Benjamin Kunkel à qui j'ai bafouillé trois pauvres mots, ce qui m'évita de dire que je n'avais pas fini son bouquin (Indécision, Belfond) dont tout le monde m'a dit qu'il était très moyen, le très charmant Wesley Stace auteur d'un grand pavé victorien (L'infortunée, Flammarion) qui traîne depuis des mois sur ma bibliothèque, le non moins très mignon Joseph Boyden dont je suis en train de lire le très bon premier roman (Le Chemin des âmes, Albin Michel), et pour finir le torride Eddy Harris qui m'a littéralement explosé la main, ce qui semble être une spécialité des auteurs afro-américains. Et parce que dans la vie, on a de la chance ou on n'en a pas, les deux seules têtes connues qu'il m'a été donné de croiser furent deux ex à qui je n'avais strictement rien à dire, à part "Ah ah, je ne t'ai pas rappelé depuis un an ? Quoi tu m'as laissé 4 messages ?", ce qui m'a donné une furieuse envie de me casser, envie qui fut exaucée quelques minutes plus tard.

Sinon, America, pour ceux que ça intéresse, commence vraiment ce ouikende, avec tout plein d'auteurs bien : Guillermo Arriaga (scénariste talentueux d'Iñarritu mais aussi excellent écrivain), Colum McCann, Johnatan Safran Foer (qu'on aime ou qu'on n'aime pas, mais bon, c'est toujours mieux que Dan Brown), James Sallis, Daniel Wallace (l'auteur de Big Fish), etc. Dédicaces, lectures, conférences, wouhou, je sens que ça te fait rêver. Toutes les infos sont sur le site, si jamais

edit: bon, grosse connerie de passer à la version beta de blogger, il semblerait que les commentaires soient en rade, j'ai rétabli les commentaires (maintenant en pop-up) en changeant mon layout. Ce blougue est donc en travaux.

Anyone can play guitar

"Toujours plus loin plus fort plus vite, jusqu'au bout de l'extrême limite, c'est ton bonheur, c'est ma passion" chantait Gregori Baquet dans le générique d'Extrême Limite, une série subversive de TF1 avec l'élégante et raffinée Astrid Veillon.
Ce moment de poésie brute nous ramène donc à une activité ludique et néanmoins sportive qui, je le sais, est "ton bonheur" et "ma passion". Voici donc la nouvelle cuvée du test à l'aveugle que vous attendiez tous en trépignant d'impatience tels un attroupement de collégiennes pré-pubères devant Bercy un soir de concert de Lorie.
Cette fois-ci, le blindtest est orienté autour d'un thème fin et spirituel : "On n'est pas des pédés", ce qui signifie qu'il s'agit de 15 extraits avec des guitares qui font mâle, des riffs, des vrais, des durs, des tatoués, des qu'ont-pas-peur, des qui puent la sueur et l'Equipe Dimanche.
Comme lors de la dernière session, valeureusement remportée par à peu près tout le monde, certains s'étaient plaints de la difficulté de la chose (il faut dire que j'avais osé mettre Gérard Manset), j'ai quand même vérifié que chacun des titres étaient référencés sur radioblogclub. Mais bon, même motif même punition, ça va du très simple au très pointu,  du plutôt vieux au plutôt récent, mais cette fois-ci, tous les artistes sont anglophones.
Je rappelle quand même les règles essentielles : réponse par mail (cf. en haut à droite),  trichage illimité par demandes d'indices (les réponses se feront à la tête du client, donc comme d'hab, va falloir me corrompre), et fin du jeu le mercredi 11 octobre à 20h. Je m'engage solenellement à répondre à tous les mails qui me seront envoyés, parce que j'ai été un peu à côté de la plaque la dernière fois. Ah, et comme vous êtes vénaux par nature, je songe sérieusement à l'octroi d'un cadeau pour celui qui m'enverra le plus de bonnes réponses sans indices.

         

(clic droit sur l'image, enregistrer la cible sous, bla bla, fichier zip, 3.9 Mo)

Don't speak

Le nouveau mot sur lequel tout le monde semble se toucher en ce moment, c'est "interactivité". Les gens souffrant d"interactivité" sont des personnes qui, littéralement, sont actifs entre eux, ce qui, indubitablement fait d'"interactivité" un mot sale. Mais passons. Etre interactif en 2006 (ça n'a rien à voir avec "être rock en 2005") c'est, par exemple, la dernière trouvaille des sites d'actualités en ligne. Le site de Libé par exemple a décidé d'être totalement ouebedeuxpointzero (même si personne ne sait encore ce que ça veut dire que "Web 2.0" mais c'est pas grave, parce que ça fait sérieux) en ouvrant ses articles aux réactions de leurs lecteurs. Voilà, c'est ça être interactif, c'est donner son avis sur l'actualité alors que tout le monde s'en fout, mais ça donne l'impression d'être journaliste, alors c'est cool. A la différence du courrier des lecteurs qui consistait en un rapport unique entre le lecteur et la rédaction, l'interactivité à la sauce 2.0 présente un avantage de taille : les lecteurs peuvent rebondir sur un commentaire précédent. Réagir à la réaction, donc.

Par exemple : "jujudu87 : Je trouv' ke Segolene L parl mal o gen"

                      "sandydanslaplace : a jujudu87 : je sui pa dakor avec toi"

                      "juju87 : TA GUEULE CONACE!"

                      "sandydanslaplace : TWA MEME TU PU!"

Kikoo lol.

Bon, ok; j'exagère parce que les réactions des lecteurs sont modérées par les webmasters du site. Qu'ils soient d'ailleurs ici félicités pour leur tâche qui consite à séparer le bon grain de l'ivraie, à ceci près qu'il s'agit d'un énorme champ d'ivraie. A la place de jujudu87 et sandydanslaplace, on doit donc se coltiner FrancoisXVI, agrégé d'histoire géographie à la retraite, qui n'a rien d'autre à foutre que de tartiner quinze mille lignes de considérations pesantes du type "Je connais bien le Liban pour y avoir vécu (sous entendu, "j'y ai passé trois jours en vacances en 86") et je peux vous assurer que l'auteur de cet article se livre à des raccourcis peu rigoureux sur la situation qui est bien plus complexe que ça (sous-entendu : "si j'avais pas raté Sciences-Po, je serais journaliste aussi d'abord même que"). S'ensuit un copier-coller de Wikipédia, jusqu'à ce que Norbert réponde à FrançoisXVI, parce qu'il est pas d'accord avec lui - un de ses amis est libanais, donc il sait de quoi il parle, hein.  Martine18è elle, elle est d'accord avec aucun des deux, elle trouve juste que c'est stupide la guerre. Et voilà, vous l'aurez compris, l'interactivité, c'est le Café du Commerce du XXIème siècle.

Mais rendons à César ce qui est à Whiskas : les pionniers de l'interactivité, ce sont les journalistes de la rédaction de TF1/LCI qui il y a quelques années ont senti le filon, et ont ouvert tous leurs articles  à leurs lecteurs. Et à côté, les réactions sur le site de Libé, c'est le café philo. Prenons par exemple un article sur la peine de mort, abolie il y a 15 ans, et auxquels 42% des Français sont encore favorables : sur 11 "réactions", 9 sont pro-peine de mort : soit un pourcentage de 81, 8%. C'est pas chez TF1 qu'ils vont chercher leurs quotas à l'Ifop, hein. Parmi ces avis, on trouve des remarques pleines de bon sens, comme celle de Laurent du 31 qui estime que "Si la peine de mort n'avait pas été abolie, on ne rencontrerait surement pas cette vague de violence qui ronge actuellement notre pauvre France". Faut pas croire, à TF1, ils castent  leurs lecteurs parmi les meilleurs spécialistes de la délinquance.

Bref, pas la peine d'aller de descendre au PMU du coin, la magie d'internet fait venir le PMU jusqu'à vous, c'est ça l'interactivité : comme un blog, en pire.

Après avoir craché gentiment sur le site de Libé, je me permet quand même de rendre hommage à deux de leurs plus talentueux journalistes, Isabelle Roberts et Raphaël Garrigos, dont les articles du ouikende sur l'actu télé sont en général à pisser de rire, et qui viennent d'ouvrir leur blougue.

You know what you are (you're gonna be a star)

La semaine dernière on m'avait dit de manière fort charmante que je ressemblais à Tom Waits


Et ce soir, il semblerait que je ressemblasse également à David Eugene Edwards, le chanteur de 16 Horsepower. J'en connais une que ça va faire beaucoup rire


Et puis, en rentrant par le dernier métro, une fille totalement bourrée m'a proposé une pipe.*

Moralité : plutôt que de choisir la voie du gendre idéal tendance aryen, j'aurais pu être une rock star. La vie est mal faite.

Ah oui, et sinon, ça n'a rien à voir, mais mercredi 20 septembre, à 19h30, y a El Perro del Mar et The Tiny qui passent à la Maro(quinerie). Je lance un appel solennel : qui veut viendre avec moi ? Je suis seul, et on ne laisse pas une rock star seule.

Sur ce je vous aime

* Offre que j'ai poliment déclinée. Je me sens obligé de le préciser avant que l'un d'entre vous ne pose la question. Bande de pervers.

Love is everywhere

 

 

iTunes 7.0, JE T'AIME !

No moon at all

Parce que les délais d'attente du métro ont été diminués de motié, que trouver un tabac ouvert un dimanche après midi ne relève plus de l'expédition lostienne, parce que le soleil trouve marrant de revenir maintenant, parce que 18 moches bêlent sur l'antenne de TF1, et parce que sur cette même antenne, le porno de l'été (Harry Roselmack) a été remplacé par une rediffusion de Derrick (PPDA) au grand dam de la ménagère dont la libido s'en était trouvée dopée, il n'y a pas de doutes à avoir : c'est la rentrée.
Pendant que nos chers bambins déambulent innocemment les couloirs de leurs écoles se demandant avec un effroi tout relatif si la nouvelle prof de maths sera aussi salope que l'année dernière, commence une bataille qui ne fera triquer que ceux qui s'y investissent : la campagne présidentielle. Passons sur la vacuité intellectuelle des débats qui nous attendent, sur la mesquinerie des attaques que les médias, abandonnant avec tristesse leurs innombrables sujets sur les campings pluvieux que l'aoûtien déserta, se feront un plaisir de retranscrire prouvant bien là au passage que la misère journalistique n'est pas qu'un phénomène passager.
L'on se demandera alors ce qu'il nous en coûtera de voter Ségolène, si "voter contre" (en l'occurrence le petit Nicolas) n'est pas devenu une fatalité de notre temps, et si la formule simpliste "Une élections se gagne au centre" n'a pas desespérement laissé place à "Une élection se gagne à droite". On y parlera insécurité, encadrement militaire, on y dira que les pauvres sont fainéants (mais qu'on les aime), que les étrangers sont bien trop nombreux dans le monde, on y proposera des SMIC à 3 euros pour contrer le chomâge.
Bref, tout cela sera très déprimant. Mais pas de problème, nos amis les pipoles sont là pour faire le show. Comme aux Etats-Unis où les Démocrates s'assurent le soutien du Tout Hollywood laissant quelques débris, comme Bo Derek, aux Républicains, les soutiens de stars en politique sont assez clairs : les artistes, écrivains, comédiens, cinéastes se rangent à gauche (du moins au PS, on ne se risquerait trop à qualifier le PS de gauche en ces temps agités), tandis qu'à droite, bah ils ont les sportifs.
Du moins jusque là, car Nicolas a compris qu'un Douillet et une Laura Flessel, ça excitait la foule un moment, mais un moment seulement. Qu'à cela ne tienne, on y ramène un cerveau pour le prix de trois : Johnny, Laetitia, et David Hallyday. Pas assez jeune ? Rameutons (et ce n'est pas une blague) Doc Gyneco dont il semblerait qu'il ait rencontré non pas Dieu mais Raymond Aron dans un délire sous ganja. Rajoutez y un Jean Reno et un Christian Clavier, et les dîners de l'UMP sentiront, à coup sûr, le diner de cons.


Doc Gyneco demandant à Philippe Douste-Blazy de lui ramener de l'afghane la prochaine fois qu'il va à Kaboul (au fond : Patrick Devedjian se demandant ce qu'il a fait pour avoir une tête de facho comme ça)
(photo : Reuters)