Il était écrit qu'il fallait rompre à l'exercice familial bimestriel, édition estivale, celle-ci revêtant le caractère particulier d'être "post-opératoire". Bref, aller visiter l'aïeul patriarche - le seul homme de la famille, joli lapsus - fraîchement sorti de l'hôpital. Il était écrit également que ce voyage, aussi bref fut-il, trainerait derrière lui son cortège habituel de passions névrotiques, tout en crises de larmes - la mère , d'hystérie - la grand-mère - d'angoisses - le fils, de méchanceté gratuite - le grand-père. Un quatuor feignant l'amour mais suintant, dans l'arrière cuisine, la tristesse et la solitude.
Magnifique portrait d'une famille qui agonise sous l'oeil insouciant de chacun, car faut-il vraiment porter le deuil d'une unité qui n'existe au fond que les fantasmes de petits enfants qui sommeillent paresseusement en chacun ?
Il mourra sûrement bientôt, lui, cet immigré espagnol qui a tout vécu : l'exil, deux guerres, et 40 ans d'inhalation de peintures toxiques dans les usines Renault. Eût-il été un père indigne et un mari violent que la mythologie familiale porte déjà en elle l'hagiographie que l'on reserve à ces hommes qui ont traversé le 20ème siècle avec la pugnacité suffisante pour faire taire leurs défauts.
Elle, sauvée par l'énergie de sa propre hystérie, mourra comme elle faillit le faire souvent : s'enivrant à mort jusqu'à tomber sur le carrelage froid de la cuisine. Peut-être l'histoire se chargera t-elle aussi d'oublier la haine que lui voue le reste de cette micro-famille : on oubliera sa bêtise épuisante, sa saloperie sans pareille quand il s'agissait d'utiliser sa fille de 11 ans comme couverture les jours où elle allait baiser ses amants - ou avorter.
Eux qui ont passé 58 ans à se haïr, époux par hasard et par conventions, seront enterrés côte à côté.
Il restera donc la fille, persuadée de n'avoir réussi qu'une chose - son fils - et raté tout le reste : elle vieillira et pleurera comme elle en a l'habitude, deterrant obscènement quelques secrets familiaux qui n'étaient pas tus par hasard. Lui, ne sachant que faire, lui prêtera son épaule comme à chaque fois, jurant qu'on ne l'y reprendrait plus. Ils retourneront de plus en plus rarement fleurir la tombe des "grands-parents", refusant de revenir vers ce bled paumé de la Charente où la campagne est laide, la misère est crasse, et le climat mauvais.
Et lui, dans tout ça ? Lui continuera à penser crânement que si toutes les familles sont psychotiques, la sienne l'est légèrement plus que les autres, tout en sachant que ce type d'assertion est d'un orgueil complaisant. Dernier hériter du nom de son grand-père - car son père n'aura pas voulu lui transmettre son patronyme, et, ironie de l'histoire, à la sexualité qu'on lui connaît, laissera probablement s'éteindre cette famille qui dépensait tant d'énergie à se haïr et si peu à s'aimer. Il traînera derrière lui ses idéaux surranés d'amour fidèle, les balançant au passage à la gueule des autres - tu vois, aimer, c'est comme ça et pas autrement, jusqu'à ce que ces mêmes autres se lassent, fort logiquement. Eternel angoissé et résolu procrastinateur, il laissera défiler sa vie n'intervenant que pour l'assomer un peu plus.
Magnifique portrait d'une famille qui agonise sous l'oeil insouciant de chacun, car faut-il vraiment porter le deuil d'une unité qui n'existe au fond que les fantasmes de petits enfants qui sommeillent paresseusement en chacun ?
Il mourra sûrement bientôt, lui, cet immigré espagnol qui a tout vécu : l'exil, deux guerres, et 40 ans d'inhalation de peintures toxiques dans les usines Renault. Eût-il été un père indigne et un mari violent que la mythologie familiale porte déjà en elle l'hagiographie que l'on reserve à ces hommes qui ont traversé le 20ème siècle avec la pugnacité suffisante pour faire taire leurs défauts.
Elle, sauvée par l'énergie de sa propre hystérie, mourra comme elle faillit le faire souvent : s'enivrant à mort jusqu'à tomber sur le carrelage froid de la cuisine. Peut-être l'histoire se chargera t-elle aussi d'oublier la haine que lui voue le reste de cette micro-famille : on oubliera sa bêtise épuisante, sa saloperie sans pareille quand il s'agissait d'utiliser sa fille de 11 ans comme couverture les jours où elle allait baiser ses amants - ou avorter.
Eux qui ont passé 58 ans à se haïr, époux par hasard et par conventions, seront enterrés côte à côté.
Il restera donc la fille, persuadée de n'avoir réussi qu'une chose - son fils - et raté tout le reste : elle vieillira et pleurera comme elle en a l'habitude, deterrant obscènement quelques secrets familiaux qui n'étaient pas tus par hasard. Lui, ne sachant que faire, lui prêtera son épaule comme à chaque fois, jurant qu'on ne l'y reprendrait plus. Ils retourneront de plus en plus rarement fleurir la tombe des "grands-parents", refusant de revenir vers ce bled paumé de la Charente où la campagne est laide, la misère est crasse, et le climat mauvais.
Et lui, dans tout ça ? Lui continuera à penser crânement que si toutes les familles sont psychotiques, la sienne l'est légèrement plus que les autres, tout en sachant que ce type d'assertion est d'un orgueil complaisant. Dernier hériter du nom de son grand-père - car son père n'aura pas voulu lui transmettre son patronyme, et, ironie de l'histoire, à la sexualité qu'on lui connaît, laissera probablement s'éteindre cette famille qui dépensait tant d'énergie à se haïr et si peu à s'aimer. Il traînera derrière lui ses idéaux surranés d'amour fidèle, les balançant au passage à la gueule des autres - tu vois, aimer, c'est comme ça et pas autrement, jusqu'à ce que ces mêmes autres se lassent, fort logiquement. Eternel angoissé et résolu procrastinateur, il laissera défiler sa vie n'intervenant que pour l'assomer un peu plus.
Comme le dit la contrepèterie belge "Il fait beau et chaud". De quoi aller voir des concerts techniquement pourraves (merci Jake de m'avoir grillé la priorité sur le concert des über-géniales Pipettes), ou bien de faire du sexe en transpirant.
C'est aussi l'occasion d'aller se fader une nouvelle fois sa famille de dégénérés. Alors pour vous faire patienter, allez écouter la radio la plus formidable de l'été, celle du sieur Candy Cane, qui a des goûts musicaux à la hauteur de ses prestations.
D'ici là, hydratez-vous, fermez les volets dès le matin, et allez visiter vos vieux (avec un peu de chance, vous pourrez toujours leur taxer un peu de thune). Et si vous avez le temps malgré tout cela, n'oubliez pas de faire l'amour. Ca élimine les toxines, et on en a bien besoin
C'est aussi l'occasion d'aller se fader une nouvelle fois sa famille de dégénérés. Alors pour vous faire patienter, allez écouter la radio la plus formidable de l'été, celle du sieur Candy Cane, qui a des goûts musicaux à la hauteur de ses prestations.
D'ici là, hydratez-vous, fermez les volets dès le matin, et allez visiter vos vieux (avec un peu de chance, vous pourrez toujours leur taxer un peu de thune). Et si vous avez le temps malgré tout cela, n'oubliez pas de faire l'amour. Ca élimine les toxines, et on en a bien besoin
Aujourd'hui, c'est ma fête. Je remarque que vous vous en branlez sévère, mais, grand seigneur, je ne vous en tiendrai pas rigueur. Néanmoins, pour fêter ça, un summum de kitscherie qui renvoie mes précedents errements youtubesques (Nancy, Kate, et les Sparks) au rang de courts-métrages Nouvelle Vague. Un truc que vous pourrez vous repasser en boucle quand il fait chaud et que vous avez la tête coincée dans le ventilo : It's raining men des Weather girls. Aux chiottes Geri Halliwell !
Personnellement, mon passage préféré, c'est entre 1:13 et 1:21, après si vous en avez d'autres, je comprends.
Personnellement, mon passage préféré, c'est entre 1:13 et 1:21, après si vous en avez d'autres, je comprends.
Hier soir, c'était donc la fête à la danse, et force est de constater que Jake s'en est génialement tiré avec son mix tout droit sorti des bals de promo époque 60's. Mais, pour admirer la vraie danse (pas celle où qu'on se remue vaguement en rythme), il fallait allumer sa télé jeudi soir.
En effet, l'été aidant, France 2 , fidèle à sa mission de service public, nous gratifie chaque jeudi d'un télé-crochet au nom évocateur : le Dancing Show. Le principe est le suivant : 10 "couples" s'affrontent sur différentes danses aussi chouettes que le lindy hop, la valse ou le paso doble, le tout sous l'oeil acéré d'un jury-de-professionnels et d'un public qui décidera, avec force SMS, du sort des couples dont l'un sera immanquablement éliminé après deux longues heures de show. Ca vous rappelle quelque chose ? Effectivement, grosso modo, c'est la Nouvelle Star mais sans Christophe, et avec de la danse. C'est qu'à France 2, on a des idées novatrices, hein.
Commençons par l'animateur de ce show : le pétulant Anthony Kavanagh, qui nous rappelle tristement que le Québec ne s'est pas borné à exporter de terribles ululeuses stridentes, mais également des comiques pas drôles recyclés en animateurs pas drôles (Courtemanche, une émission?). Kavanagh, donc, déborde d'énergie, et remporte haut la mains la palme du marchand de tapis le plus convaincu : même que Castaldi (père fondateur des "noubliezpasdvoter"), il était 'achement moins fort pour appâter le chaland et son lucratif essèmesse
Ensuite, vient le jury dit "de professionnels" - professionnels, ça veut dire "has been" en langage télé - constitué : d'un machin dont j'ai oublié le nom, sorte de folle perdue doublée d'une langue de vipère, qui transpire l'antipathie et le contentement de soi par tous les pores de sa peau, un autre machin qui s'y croit et qui rappelle à qui veut l'entendre que sous ses airs d'expert comptable dans un cabinet d'assurances, en fait, il vient de la téci (wesh Montreuil), Blanca Li, plus almodovarienne que jamais - en dépit d'une musculature de nageuse est-allemande, et Guesh Patti (Etienne, Etienne, tiens-le bien), dans un état de décrépitude avancée et dont le rôle se réduit à prendre un air grave et pénétré sans décocher un sourire ("Attention, je suis la pas sympa du jury, et je balance").
Mais l'émission ne serait rien sans les valeureux couples de candidats composés approximativement de la sorte : une pov' fille pas très jolie type caissière à Leclerc et un garçon à la sexualité trouble de préférence laid comme un pou (tarin monumental, anorexie, tartines de gel effet ultra-mouillé, acné). Rajoutez au tout deux chorégraphes, un sous-sous-Bob Fosse, et un sous-Bruno Vandelli (oui, c'est possible), et pas de doutes, vous avez l'émission la plus queer de l'été. Voilà qui va ravir Media-G, l'observatoire de la visibilité homosexuelle dans les médias, un observatoire dont le président se gargarisait dans le supplément Ecrans d'un récent Libé de la forte présence homosexuelle dans la merveilleuse émission "Y a que la vérité qui compte". Je vous laisse googler "media g", vous verrez sur leur site qu'ils s'excitent au moindré pédé apparaissant dans une émission de merde, au prétexte que "ouééé, on est visibles". L'argument est un peu court, mais je ne vais pas disserter sur le sujet, sachant que le principe même d'un tel observatoire m'échappe.
Bref, j'avoue avoir regardé le Dancing Show d'un oeil plus que distrait (qui a vu du cha-cha-cha commenté par Nelson Monfort comprendra qu'après lui, le déluge) en profitant pour ranger, téléphoner, éteindre un début de feu provoqué par un mégot mal éteint... Mais le meilleur était pour la fin où l'horreur atteignit son comble avec un remake de "Freddy sort de la nuit", sauf qu'au lieu de Freddy, on eut le droit à un come-back de Boney M (Sunny, Raspoutine, tout ça), dans un calamiteux play-back de maisons de retraite, un truc tellement horrible que je préfère m'arrêter là.
C'était donc mon expérience de "J'allume la télé une fois tous les deux mois", me voilà tranquille jusqu'en septembre...
En effet, l'été aidant, France 2 , fidèle à sa mission de service public, nous gratifie chaque jeudi d'un télé-crochet au nom évocateur : le Dancing Show. Le principe est le suivant : 10 "couples" s'affrontent sur différentes danses aussi chouettes que le lindy hop, la valse ou le paso doble, le tout sous l'oeil acéré d'un jury-de-professionnels et d'un public qui décidera, avec force SMS, du sort des couples dont l'un sera immanquablement éliminé après deux longues heures de show. Ca vous rappelle quelque chose ? Effectivement, grosso modo, c'est la Nouvelle Star mais sans Christophe, et avec de la danse. C'est qu'à France 2, on a des idées novatrices, hein.
Commençons par l'animateur de ce show : le pétulant Anthony Kavanagh, qui nous rappelle tristement que le Québec ne s'est pas borné à exporter de terribles ululeuses stridentes, mais également des comiques pas drôles recyclés en animateurs pas drôles (Courtemanche, une émission?). Kavanagh, donc, déborde d'énergie, et remporte haut la mains la palme du marchand de tapis le plus convaincu : même que Castaldi (père fondateur des "noubliezpasdvoter"), il était 'achement moins fort pour appâter le chaland et son lucratif essèmesse
Ensuite, vient le jury dit "de professionnels" - professionnels, ça veut dire "has been" en langage télé - constitué : d'un machin dont j'ai oublié le nom, sorte de folle perdue doublée d'une langue de vipère, qui transpire l'antipathie et le contentement de soi par tous les pores de sa peau, un autre machin qui s'y croit et qui rappelle à qui veut l'entendre que sous ses airs d'expert comptable dans un cabinet d'assurances, en fait, il vient de la téci (wesh Montreuil), Blanca Li, plus almodovarienne que jamais - en dépit d'une musculature de nageuse est-allemande, et Guesh Patti (Etienne, Etienne, tiens-le bien), dans un état de décrépitude avancée et dont le rôle se réduit à prendre un air grave et pénétré sans décocher un sourire ("Attention, je suis la pas sympa du jury, et je balance").
Mais l'émission ne serait rien sans les valeureux couples de candidats composés approximativement de la sorte : une pov' fille pas très jolie type caissière à Leclerc et un garçon à la sexualité trouble de préférence laid comme un pou (tarin monumental, anorexie, tartines de gel effet ultra-mouillé, acné). Rajoutez au tout deux chorégraphes, un sous-sous-Bob Fosse, et un sous-Bruno Vandelli (oui, c'est possible), et pas de doutes, vous avez l'émission la plus queer de l'été. Voilà qui va ravir Media-G, l'observatoire de la visibilité homosexuelle dans les médias, un observatoire dont le président se gargarisait dans le supplément Ecrans d'un récent Libé de la forte présence homosexuelle dans la merveilleuse émission "Y a que la vérité qui compte". Je vous laisse googler "media g", vous verrez sur leur site qu'ils s'excitent au moindré pédé apparaissant dans une émission de merde, au prétexte que "ouééé, on est visibles". L'argument est un peu court, mais je ne vais pas disserter sur le sujet, sachant que le principe même d'un tel observatoire m'échappe.
Bref, j'avoue avoir regardé le Dancing Show d'un oeil plus que distrait (qui a vu du cha-cha-cha commenté par Nelson Monfort comprendra qu'après lui, le déluge) en profitant pour ranger, téléphoner, éteindre un début de feu provoqué par un mégot mal éteint... Mais le meilleur était pour la fin où l'horreur atteignit son comble avec un remake de "Freddy sort de la nuit", sauf qu'au lieu de Freddy, on eut le droit à un come-back de Boney M (Sunny, Raspoutine, tout ça), dans un calamiteux play-back de maisons de retraite, un truc tellement horrible que je préfère m'arrêter là.
C'était donc mon expérience de "J'allume la télé une fois tous les deux mois", me voilà tranquille jusqu'en septembre...
Etonamment, le 14 juillet ne tombe pas un vendredi 13 cette année, preuve s'il en fallait que les astres sont de notre côté... Alors, plutôt que de passer la soirée à épiloguer sur l'affaire d'Etat que constitue le passionnant coup de boule de Zidane - je précise, à toutes fins utiles, que l'expression "affaire d'Etat" a été employée par un éditorialiste du Figaro, un journal qui n'a décidément pas peur des sujets brûlants - viendez donc remuer vos fesses sous les spotlights du Pulp où, entre autres talentueux DJ, vous retrouverez le célèbre, habile, et gorgeous Jake Shaft.
Pour les further informations, c'est ici
Parce que je veux bien faire de la pub à titre gracieux, mais je vais pas me faire chier à mettre les images. Y a pas marqué l'apôtre, hein.
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Parce que je veux bien faire de la pub à titre gracieux, mais je vais pas me faire chier à mettre les images. Y a pas marqué l'apôtre, hein.
A moins de vivre à mille lieues de toute forme de civilisation, vous devez le savoir, ce soir, on est champions de le monde. Ou pas. J'ai une préférence tout personnelle pour le "ou pas", mais si je m'épanche sur le sujet, on va encore m'accuser d'antipatriotisme de bas-étage. Or, selon la formule consacrée, si tu n'aimes pas ton pays, tu le quittes. Bref.
En doux cartésien, je peux néanmoins m'accorder l'approbation générale en soulignant que deux hypothèses s'offrent à nous. Ou qu'on gagne, ou qu'on gagne pas. Damned.
Première hypothèse : on gagne. Comme tout bon scientifique qui se respecte, je ne vais pas m'encombrer des différents cas de figure, qu'on marque 18 buts ou 1, on gagne, et ça suffit à lancer la machine. Les commentateurs s'excitent, c'est normal, ils sont payés pour ça : "Bravo, ils nous ont fait rêver, et ils l'ont fait : ils le méritent", ou quelque autre connerie dans le même style. Ni une, ni deux, entre un et deux millions de péquenots peinturlurés descendent sur les Champs-Elysées pour beugler. Dans les rues adjacentes, ça castagne. Dans le petit village de Beaulieu-lès-Loches, le jeune Bertrand, 14 ans, honore son pari : il se baigne tout nu dans la rivière du coin. Bourré comme un coing (ça rime), il se noie. La scène se reproduit un peu partout en France, et même à Saint-Pierre et Miquelon, où on a ressorti la guillotine pour l'occasion. Le lendemain, les préfectures dressent un bilan quasi-définitif : 29 morts, 135 blessés. Mais c'est pas grave, parce qu'on est champioooooooooooons, alors tu penses bien que 29 morts, on s'en branle un peu.
Dans les journaux, on célèbre le retour de la France qui gagne, c'est la fête à la ouine. Jacques Chirac reprend 2% dans les sondages, ce qui paraît peu, mais représente quand même une progression de 20% sur le nombre de Français qui lui accordaient sa confiance. Pendant une semaine, c'est trop la fête sa race. Dominique de Villepin en profite pour réinstaurer le CPE par décret. Bruno Julliard s'en fout, il se murge la gueule dans un petit bar d'Ars-en-Ré pour fêter ça. Les Bleus défilent sur les Champs, où des mères de familles arrachent leur soutien-gorge puis viennent se jeter sous les roues du car Adidas. "On dirait un concert des Beatles", lance Jean-Pierre Pernault qui n'a jamais vu un concert des Beatles, mais qui était roadie sur la tournée de Nicole Croisille, donc il peut parler. Six mois plus tard, tout le monde s'en remet, et en mai 2007, Nicolas Sarkozy est triomphalement élu président. En 2010, la France est éliminée en huitièmes de finale par l'équipe de Saint-Kitts-et-Nevis. L'Equipe titre "Le retour de la loose".
Deuxième hypothèse : on perd. Mais attention, que ce soit à 15 ou 2 buts d'écart, on perd "de peu". "C'est psychologique" lance Thierry Gilardi, sur TF1. Guy Roux, sur Canal +, estime quand à lui "qu"il y a eu beaucoup d'erreurs d'arbitrage" et que "toucher un ballon de foot avec la main, c'est quand même pas si grave". On salue néanmoins "l'extraordinaire performance des Bleus-qui-nous-ont-fait-vibrer-tout-au-long-de-ce-mondial". Pendant ce temps, 200 000 péquenots défilent sur les Champs au cri de "A mort les Ritals" et beuglent la Marseillaise en insistant sur le "Qu'un sang impur abreuve nos sillons". 290 pizzerias sont incendiées pendant la nuit, malgré l'insistance d'un Sarkozy qui explique que la plupart des pizzerias sont tenues par des Tunisiens qui - Dieu sauve la France - sont en instance d'expulsion. Le lendemain matin, l'équipe de France revient de Berlin, et, cédant à la pression populaire, Jacques Chirac autorise la lapidation en place publique de Trézeguet, auteur de la faute à l'origine du pénalty encaissé. Zidane, ancien "beau kabyle aux yeux bleus", et désormais fraichement retraité, est expulsé sous le nouveau motif de "traîtrise à la Nation" aux cris de "sale arabe". La France est dans un état de rage rarement atteint, et Dominique de Villepin en profite pour réinstaurer le CPE par décret. Bruno Julliard s'en fout, il se murge la gueule dans un petit bar d'Ars-en Ré pour oublier la défaite. En 2007, Nicolas Sarkozy est triomphalement élu, et tient sa promesse d'uné équipe 100% caucasienne pour les prochaines rencontres internationales. En 2010, l'équipe de France se fait éliminer en huitièmes de finale par l'équipe du Liechtenstein. L'Equipe titre "Le retour de la vengeance de la loose".
Bon match.
En doux cartésien, je peux néanmoins m'accorder l'approbation générale en soulignant que deux hypothèses s'offrent à nous. Ou qu'on gagne, ou qu'on gagne pas. Damned.
Première hypothèse : on gagne. Comme tout bon scientifique qui se respecte, je ne vais pas m'encombrer des différents cas de figure, qu'on marque 18 buts ou 1, on gagne, et ça suffit à lancer la machine. Les commentateurs s'excitent, c'est normal, ils sont payés pour ça : "Bravo, ils nous ont fait rêver, et ils l'ont fait : ils le méritent", ou quelque autre connerie dans le même style. Ni une, ni deux, entre un et deux millions de péquenots peinturlurés descendent sur les Champs-Elysées pour beugler. Dans les rues adjacentes, ça castagne. Dans le petit village de Beaulieu-lès-Loches, le jeune Bertrand, 14 ans, honore son pari : il se baigne tout nu dans la rivière du coin. Bourré comme un coing (ça rime), il se noie. La scène se reproduit un peu partout en France, et même à Saint-Pierre et Miquelon, où on a ressorti la guillotine pour l'occasion. Le lendemain, les préfectures dressent un bilan quasi-définitif : 29 morts, 135 blessés. Mais c'est pas grave, parce qu'on est champioooooooooooons, alors tu penses bien que 29 morts, on s'en branle un peu.
Dans les journaux, on célèbre le retour de la France qui gagne, c'est la fête à la ouine. Jacques Chirac reprend 2% dans les sondages, ce qui paraît peu, mais représente quand même une progression de 20% sur le nombre de Français qui lui accordaient sa confiance. Pendant une semaine, c'est trop la fête sa race. Dominique de Villepin en profite pour réinstaurer le CPE par décret. Bruno Julliard s'en fout, il se murge la gueule dans un petit bar d'Ars-en-Ré pour fêter ça. Les Bleus défilent sur les Champs, où des mères de familles arrachent leur soutien-gorge puis viennent se jeter sous les roues du car Adidas. "On dirait un concert des Beatles", lance Jean-Pierre Pernault qui n'a jamais vu un concert des Beatles, mais qui était roadie sur la tournée de Nicole Croisille, donc il peut parler. Six mois plus tard, tout le monde s'en remet, et en mai 2007, Nicolas Sarkozy est triomphalement élu président. En 2010, la France est éliminée en huitièmes de finale par l'équipe de Saint-Kitts-et-Nevis. L'Equipe titre "Le retour de la loose".
Deuxième hypothèse : on perd. Mais attention, que ce soit à 15 ou 2 buts d'écart, on perd "de peu". "C'est psychologique" lance Thierry Gilardi, sur TF1. Guy Roux, sur Canal +, estime quand à lui "qu"il y a eu beaucoup d'erreurs d'arbitrage" et que "toucher un ballon de foot avec la main, c'est quand même pas si grave". On salue néanmoins "l'extraordinaire performance des Bleus-qui-nous-ont-fait-vibrer-tout-au-long-de-ce-mondial". Pendant ce temps, 200 000 péquenots défilent sur les Champs au cri de "A mort les Ritals" et beuglent la Marseillaise en insistant sur le "Qu'un sang impur abreuve nos sillons". 290 pizzerias sont incendiées pendant la nuit, malgré l'insistance d'un Sarkozy qui explique que la plupart des pizzerias sont tenues par des Tunisiens qui - Dieu sauve la France - sont en instance d'expulsion. Le lendemain matin, l'équipe de France revient de Berlin, et, cédant à la pression populaire, Jacques Chirac autorise la lapidation en place publique de Trézeguet, auteur de la faute à l'origine du pénalty encaissé. Zidane, ancien "beau kabyle aux yeux bleus", et désormais fraichement retraité, est expulsé sous le nouveau motif de "traîtrise à la Nation" aux cris de "sale arabe". La France est dans un état de rage rarement atteint, et Dominique de Villepin en profite pour réinstaurer le CPE par décret. Bruno Julliard s'en fout, il se murge la gueule dans un petit bar d'Ars-en Ré pour oublier la défaite. En 2007, Nicolas Sarkozy est triomphalement élu, et tient sa promesse d'uné équipe 100% caucasienne pour les prochaines rencontres internationales. En 2010, l'équipe de France se fait éliminer en huitièmes de finale par l'équipe du Liechtenstein. L'Equipe titre "Le retour de la vengeance de la loose".
Bon match.
Ayé, la Guépéou de Blogger a dévérouillé mon blog. En attendant l'inspiration, en l'occurrence un post avec des vrais morceaux de sexe dedans (le teasing y a que ça de vrai), une petite dédicace à Peewee Peeper, docteur ès Sparks devant l'éternel, qui appréciera autant que moi, sinon plus, le pull tricoté main de Russell Mael dans cette version laïve de This town ain't big enough for the both of us