Que ce soit bien clair, en guise de remarque préliminaire, je ne suis absolument pas daltonien. J'ai passé avec brio une foultitude de tests plus complexes les uns que les autres.
Je suis même allé refaire un check-up ici, bien que je ne sois pas en mesure de vous assurer de ma bonne foi.
Alors, qu'on ne vienne pas me dire que le blog de mon ami Jake N'EST PAS rose saumon. Cette espèce d'accord tacite entre vous pour soutenir mordicus qu'il est jaune vanille ne marchera pas.
Franchement, "jaune vanille", les gars, vous auriez pu trouver mieux.
Ce post est amené à disparaître, ridicule et pas drôle qu'il est, c'est donc le moment de lacher vos comm', comme on dit chez mes ami(e)s de skyblog.
Je suis même allé refaire un check-up ici, bien que je ne sois pas en mesure de vous assurer de ma bonne foi.
Alors, qu'on ne vienne pas me dire que le blog de mon ami Jake N'EST PAS rose saumon. Cette espèce d'accord tacite entre vous pour soutenir mordicus qu'il est jaune vanille ne marchera pas.
Franchement, "jaune vanille", les gars, vous auriez pu trouver mieux.
Ce post est amené à disparaître, ridicule et pas drôle qu'il est, c'est donc le moment de lacher vos comm', comme on dit chez mes ami(e)s de skyblog.
Comme vous l'aurez remarqué de votre oeil aguerri, ce beuhlog a radicalement changé de tête...
- Pour écrire les idioties ou les remarques constructives qui vous passent par la tête, il vous faut désormais cliquer à droite du titre, là où il y a le petit numéro.
- On ne voit plus ma sale gueule, et ce n'est que justice.
- Je vais essayer de changer c'te bleu dégueulasse quand j'aurais compris où, dans les 1182 lignes de code de mon modèle se trouve le passage où on peut changer la couleur.
- Je vais aussi essayer de remettre les commentaires en pop up, mais c'est pas gagné, je vous le dis...
- Si ça vous plaît pas, c'est le moment de le dire : si le Non l'emporte à la majorité qualifiée (ou absolue, ou relative, je décide toujours des règles du scrutin après le vote), je reviendrai à mon ancien modèle, la mort dans l'âme, certes, mais dans un souci toujours renouvelé de te plaire à toi, lecteur cheri mon amûûûr.
Voilà, j'attends vos réactions, vos non-réactions, vos "On s'en fout" et assimilés... (et je prends aussi vos déclarations d'amour)
- Pour écrire les idioties ou les remarques constructives qui vous passent par la tête, il vous faut désormais cliquer à droite du titre, là où il y a le petit numéro.
- On ne voit plus ma sale gueule, et ce n'est que justice.
- Je vais essayer de changer c'te bleu dégueulasse quand j'aurais compris où, dans les 1182 lignes de code de mon modèle se trouve le passage où on peut changer la couleur.
- Je vais aussi essayer de remettre les commentaires en pop up, mais c'est pas gagné, je vous le dis...
- Si ça vous plaît pas, c'est le moment de le dire : si le Non l'emporte à la majorité qualifiée (ou absolue, ou relative, je décide toujours des règles du scrutin après le vote), je reviendrai à mon ancien modèle, la mort dans l'âme, certes, mais dans un souci toujours renouvelé de te plaire à toi, lecteur cheri mon amûûûr.
Voilà, j'attends vos réactions, vos non-réactions, vos "On s'en fout" et assimilés... (et je prends aussi vos déclarations d'amour)
And wondering why / Happiness is so hard to find
1 noise(s) Nonchalament posté le 27 janvier 2006 à 22:45.
Vous l'attendiez secrètement, voici le retour du... pot-pourri (déf: pot-pourri [popu\ri:] de l'anglais popouwi : se dit d'un post de Ze F. sans thème précis et qui n'a d'autre but que de masquer la vacuité de sa pensée par une énumération d'anecdotes sans intérêts et sans liens entre elles. Courtesy of Jake)
- La minute "Tout fout le camp" : En allant à mon cours à l'ENS Ulm (j'ai toujours rêvé de pouvoir dire un jour "en allant à mon cours à l'ENS Ulm", c'est fait, et en fait, ça pète beaucoup moins que ce que j'imaginais), donné par un sosie craché de Marisa Paredes, je suis passé à la librairie de la Place de la Sorbonne (ex-Puf). Rachetée par Delaveine, une marque de fringues trop classe, parfait si tu veux une chemise pleine de strass pour aller avec ton gomina et enflammer tout le Macumba, la librairie, une des rares à concurrencer Gibert Joseph, ferme ses portes. Ambiance fin de siècle : rayons déserts et désertés, quelques livres qui se battent en duel. Aussi ridicule que cela puisse paraître, cela m'a foutu un cafard terrible. Pour le principe, j'ai acheté un livre dont je n'avais pas envie.
- La minute anxiolytique: il suffit que je jette ma boîte de Lexomil dans la cuvette des chiottes - avec cet air décidé d'un acteur de mauvaise série américaine "Tu n'as plus besoin de ça" - pour que surgisse la crise d'angoisse de l'année. Avec le recul, je trouve ça super drôle, en fait.
- La minute pleine d'humour et de tendresse: On avait Alain Finkielkraut, avec ses propos hilarants sur la "France black-black-black", Hélène Carrère d'Encausse, qui nous avait bien fait rigoler avec son délire sur la polygamie. Que ce duo de l'humour à la française se rassure, un troisième larron vient de les rejoindre. Edwige Antier, pédiatre rétrograde encartée UMP, fait mieux que son (pourtant très fort) "L'homosexualité développe des antivaleurs" avec "Imaginez que des homosexuels voient leur enfant choisir un livre nazi dans une bibliothèque jeunesse ! Vous trouveriez cela normal ?”. Avec cette saillie drôlatique, digne des meilleurs moments de feu La Classe, Edwige se classe directement première de notre grand concours "Je raconte des conneries, mais en plus, je les raconte à des journalistes". Merci à Matoo pour l'info.
- Minute démolissage en règle : catastrophe que ce documentaire concept vu hier soir. Dieu sait que je suis bonne pâte avec tout ce qui concerne l'art conceptuel, étant moi-même dénué de tout talent artistique, mais là, c'était une vraie merde. Succession, pendant une heure, d'une dizaine de plans fixes de paysages, le tout entrecoupé de fondus au noir sur fond de soupe ambient-lounge pourrie. Mortel. En plus d'être un non film (aucun contenu dans les images), ce "documentaire" est aussi une non-oeuvre, puisque les images sont moches (et vas y que je te sort ma batterie d'effets à la con : négatif-N&B-ralenti-flou-saturation etc.), et donc fondamentalement sans intérêt. Et dire qu'il a du penser qu'il faisait du Chris Marker : je lui conseille de revoir La Jetée, ça lui fera les pieds. Bilan : j'ai payé 5€, y avait pas de mojitos, la bière était tiède, et on était mal assis. Moi aussi, quand je veux, je peux faire mon vieux râleur.
- Minute évasion : Bruxelles me manque, et si mon banquier me le permettait, je sauterais bien dans le premier Thalys pour me promener, sous le froid, le long du cours d'Ixelles.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. N'oubliez pas de célébrer comme il se doit (c'est-à-dire avec une ferveur digne des plus grands Urbi et Orbi de feu John Paul Two) le retour de notre Messie à nous, Arty, qui revient demain de sa mission humanitaire auprès de peuplades éloignées. Gloire à toi, Arty!
- La minute "Tout fout le camp" : En allant à mon cours à l'ENS Ulm (j'ai toujours rêvé de pouvoir dire un jour "en allant à mon cours à l'ENS Ulm", c'est fait, et en fait, ça pète beaucoup moins que ce que j'imaginais), donné par un sosie craché de Marisa Paredes, je suis passé à la librairie de la Place de la Sorbonne (ex-Puf). Rachetée par Delaveine, une marque de fringues trop classe, parfait si tu veux une chemise pleine de strass pour aller avec ton gomina et enflammer tout le Macumba, la librairie, une des rares à concurrencer Gibert Joseph, ferme ses portes. Ambiance fin de siècle : rayons déserts et désertés, quelques livres qui se battent en duel. Aussi ridicule que cela puisse paraître, cela m'a foutu un cafard terrible. Pour le principe, j'ai acheté un livre dont je n'avais pas envie.
- La minute anxiolytique: il suffit que je jette ma boîte de Lexomil dans la cuvette des chiottes - avec cet air décidé d'un acteur de mauvaise série américaine "Tu n'as plus besoin de ça" - pour que surgisse la crise d'angoisse de l'année. Avec le recul, je trouve ça super drôle, en fait.
- La minute pleine d'humour et de tendresse: On avait Alain Finkielkraut, avec ses propos hilarants sur la "France black-black-black", Hélène Carrère d'Encausse, qui nous avait bien fait rigoler avec son délire sur la polygamie. Que ce duo de l'humour à la française se rassure, un troisième larron vient de les rejoindre. Edwige Antier, pédiatre rétrograde encartée UMP, fait mieux que son (pourtant très fort) "L'homosexualité développe des antivaleurs" avec "Imaginez que des homosexuels voient leur enfant choisir un livre nazi dans une bibliothèque jeunesse ! Vous trouveriez cela normal ?”. Avec cette saillie drôlatique, digne des meilleurs moments de feu La Classe, Edwige se classe directement première de notre grand concours "Je raconte des conneries, mais en plus, je les raconte à des journalistes". Merci à Matoo pour l'info.
- Minute démolissage en règle : catastrophe que ce documentaire concept vu hier soir. Dieu sait que je suis bonne pâte avec tout ce qui concerne l'art conceptuel, étant moi-même dénué de tout talent artistique, mais là, c'était une vraie merde. Succession, pendant une heure, d'une dizaine de plans fixes de paysages, le tout entrecoupé de fondus au noir sur fond de soupe ambient-lounge pourrie. Mortel. En plus d'être un non film (aucun contenu dans les images), ce "documentaire" est aussi une non-oeuvre, puisque les images sont moches (et vas y que je te sort ma batterie d'effets à la con : négatif-N&B-ralenti-flou-saturation etc.), et donc fondamentalement sans intérêt. Et dire qu'il a du penser qu'il faisait du Chris Marker : je lui conseille de revoir La Jetée, ça lui fera les pieds. Bilan : j'ai payé 5€, y avait pas de mojitos, la bière était tiède, et on était mal assis. Moi aussi, quand je veux, je peux faire mon vieux râleur.
- Minute évasion : Bruxelles me manque, et si mon banquier me le permettait, je sauterais bien dans le premier Thalys pour me promener, sous le froid, le long du cours d'Ixelles.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. N'oubliez pas de célébrer comme il se doit (c'est-à-dire avec une ferveur digne des plus grands Urbi et Orbi de feu John Paul Two) le retour de notre Messie à nous, Arty, qui revient demain de sa mission humanitaire auprès de peuplades éloignées. Gloire à toi, Arty!
Comme il faut bien rire en attendant la mort, et que ceux qui rient aux blagues de Laurent Gerra sont sans doute déjà morts intellectuellement parlant, un peu de mauvais goût ne fait pas de mal : succédant aux Band Aid, Live Aid, Live 8, ouiarezeweurldouiarezeuchildreunes, et autres regroupements de pipeules chantant sur un air concerné leur haine féroce contre les malheurs du bas peuple, voici donc la Humanity Song, une vraie chanson à texte comme on n'en fait plus.
Autrement, quelques addenda (addendum, addenda) à ma liste de beuhlogues, celui de Candy Cane, dont j'ai déjà vanté les qualités plus bas, et celui de Lovely Goretta, que vous devez découvrir si ce n'est déjà fait. Sinon, Zizi is back, après sa pause-de-midi-de-deux-mois, et Kek aussi, mais, biquèrefoule, il a changé d'adresse.
Sur ce linkage intensif - parce que c'est mieux chez les autres, je vous assure, je m'en vais dans une soirée top trendy où on sirote des mojitos en commentant des documentaires underground sur la Palestine, et, dit comme ça, je comprends mieux mes réticences à y aller.
Autrement, quelques addenda (addendum, addenda) à ma liste de beuhlogues, celui de Candy Cane, dont j'ai déjà vanté les qualités plus bas, et celui de Lovely Goretta, que vous devez découvrir si ce n'est déjà fait. Sinon, Zizi is back, après sa pause-de-midi-de-deux-mois, et Kek aussi, mais, biquèrefoule, il a changé d'adresse.
Sur ce linkage intensif - parce que c'est mieux chez les autres, je vous assure, je m'en vais dans une soirée top trendy où on sirote des mojitos en commentant des documentaires underground sur la Palestine, et, dit comme ça, je comprends mieux mes réticences à y aller.
Remarques préliminaires : je vous préviens, c'est long, c'est pas forcément passionnant, donc si vous désirez sauter ce post, je n'en tiendrai pas rigueur. Je reviendrai très vite à des choses futiles, des trucs tellement rigolos qu'on se grattera le ventre en pouffant comme une baleine. Tu verras, après, ce blog, il redeviendra trop chanmé sa mère.
Je me réjouis personnellement de la condamnation du sympathique et non moins affable Christian Vanneste auteur de propos tip top sur l'homosexualité, et rapporteur du fameux amendement sur comment-que-la-colonisation-c'té-trop-sympa... (même si j'émets de toutes petites réserves sur la légitimité éthique d'une telle condamnation, mais là n'est pas le débat).
Le même Vanneste, réactionnaire pur sucre, mais réactionnaire moderne, se fait le chantre de la liberté d'expression sur son blog, et prend les Français à témoin (rires), ressortant des cartons la déclaration des Droits de l'homme, ce qui est plutôt drôle pour un garçon membre d'un parti où l'appellation "droit de l'hommiste" est devenue le juron préféré. Mais on juge encore mieux les propos haineux de ce monsieur à l'aune des commentaires des fidèles, et on voit alors très bien dans quelle système de pensées on se place.
- Dieu a dit : Et que je te cite la Bible à tour de bras, prenant bien soin d'extraire les citations hors de leur contexte. Mais qu'importe, la Bible fait valeur de loi, quelles que soient ses contradictions internes (que le plus zélé des théologiens admettra) et qu'importe sa désuétude sur certains domaines. La Bible nous fournit le kit tout en un "Le sexe entre deux hommes c'est mal". Et hop, débat réglé. Donc, quoiqu'on en dise, et quelque soit l'effort louable effectué par certains catholiques pour sortir du dogmatisme vaticaniste, il y a, dans l'homophobie ambiante et institutionnelle, un retour au religieux qui ne fait pas de doutes.
- L'ennemi commun et le fantasme de l'oppression : c'est comme cela que ça fonctionne : contrairement à ce que l'on pourrait croire, on n'est pas plus fort parce qu'on n'est plus nombreux et organisé, l'on est d'autant plus fort que l'ennemi est nombreux et organisé. On cherche donc des ramifications chez l'ennemi, des organisations, des réseaux: aussi le "lobby homosexuel" fait ici figure d'épouvantail. Cette vision complotiste du débat d'idées a toujours marché : le mythe de la juiverie internationale, le fantasme de la franc-maçonnerie et de ses réseaux etc. Car, pour persécuter (car est le but non avoué de certains), il faut raviver le spectre de leur propre persécution : "plutôt que d'attaquer sans raison, on ne fait que se défendre contre un complot". Le Pen a fait ses choux gras d'une telle mythologie.
- L'Anti-France : bienvenue dans le monde de la rhétorique franco-fasciste, le mythe de l'Anti-France. Pour Maurras, l'Anti-France regroupait les étrangers, les juifs, les francs-maçons et les protestants. Qu'à cela ne tienne, on peut bien changer la recette : on garde les étrangers et les francs-maçons, et on rajoute musulmans et homosexuels. Il faut donc défendre la France, la vraie, contre les ennemis de l'extérieur, et de l'intérieur, susceptibles de faire s'ébranler un réseau de valeurs sur lequel un idéal branlant et désuet de la patrie s'est appuyé. Voilà pourquoi dans les commentaires du blog de M. Vanneste, revient souvent l'idée de défense du "pays réel". Le pays réel, c'est, pour Maurras, ce qui s'oppose au "pays légal" : la réalité historique de la France et son bagage moral vs. l'idéal républicain et égalitaire, écrit dans les textes, et ennemi a priori de la Nation. Remettant tout un système de valeurs réactionnaires (patriarcat, natalisme acharné etc.) en question, l'homosexualité incarne à la perfection le concept de l'Anti France.
- La lutte contre le refoulé : il y a, à n'en pas douter, tapie dans quelques uns des propos haineux lus ici ou là, une certaine haine de soi. Dépenser tant d'énergie à haïr les homosexuels (car il s'agit bien de haine) relève, chez certains, d'une lutte violente contre le retour du refoulé. Si l'homosexualité incarne, pour certains, un tel danger, c'est que le danger se situe justement chez eux. Les pires homosexuels refoulés sont souvent les pires homophobes. Mais la rhétorique de ces refoulés là est souvent différente des homophobes idéologiques : leur argumentation est moins calme, plus brouillonne et souvent confuse. Certains commentaires sont de cet acabit.
Globalement, on voit bien qu'il y a chez les défenseurs de Vanneste une contradiction interne violente : prêts à s'asseoir à tout moment sur les droits de l'homme (archétypaux, selon eux, du pays légal), ils les ressortent justement quand bon leur semble, brandissant la liberté d'expression au secours de leurs théories. Mythe de l'oppression et de la censure, retour aux valeurs, délire de l'Anti-France : les thèses maurrassiennes, mâtinées d'une certaine religiosité, effectuent, sous la bonne grâce d'un Nicolas Sarkozy dont le silence est à ce sujet remarquable, un retour en force flagrant. Politiquement, il y a la la volonté de redonner à la droite ce qu'elle a perdu et légué à Le Pen. Les Vanneste, De Villiers et consorts, la voici, la voilà, la vraie et dangereuse extrême-droite française.
Si vous êtes arrivés là, je vous félicite de votre endurance, et pour ceux que ça intéresserait, je vous glisse au passage les références de l'excellent livre de Zeev Sternhell "Ni gauche, ni droite : l'idéologie fasciste en France" qu'il serait bon ton de relire à l'aube du terrible scrutin qui nous attend en 2007.
Je me réjouis personnellement de la condamnation du sympathique et non moins affable Christian Vanneste auteur de propos tip top sur l'homosexualité, et rapporteur du fameux amendement sur comment-que-la-colonisation-c'té-trop-sympa... (même si j'émets de toutes petites réserves sur la légitimité éthique d'une telle condamnation, mais là n'est pas le débat).
Le même Vanneste, réactionnaire pur sucre, mais réactionnaire moderne, se fait le chantre de la liberté d'expression sur son blog, et prend les Français à témoin (rires), ressortant des cartons la déclaration des Droits de l'homme, ce qui est plutôt drôle pour un garçon membre d'un parti où l'appellation "droit de l'hommiste" est devenue le juron préféré. Mais on juge encore mieux les propos haineux de ce monsieur à l'aune des commentaires des fidèles, et on voit alors très bien dans quelle système de pensées on se place.
- Dieu a dit : Et que je te cite la Bible à tour de bras, prenant bien soin d'extraire les citations hors de leur contexte. Mais qu'importe, la Bible fait valeur de loi, quelles que soient ses contradictions internes (que le plus zélé des théologiens admettra) et qu'importe sa désuétude sur certains domaines. La Bible nous fournit le kit tout en un "Le sexe entre deux hommes c'est mal". Et hop, débat réglé. Donc, quoiqu'on en dise, et quelque soit l'effort louable effectué par certains catholiques pour sortir du dogmatisme vaticaniste, il y a, dans l'homophobie ambiante et institutionnelle, un retour au religieux qui ne fait pas de doutes.
- L'ennemi commun et le fantasme de l'oppression : c'est comme cela que ça fonctionne : contrairement à ce que l'on pourrait croire, on n'est pas plus fort parce qu'on n'est plus nombreux et organisé, l'on est d'autant plus fort que l'ennemi est nombreux et organisé. On cherche donc des ramifications chez l'ennemi, des organisations, des réseaux: aussi le "lobby homosexuel" fait ici figure d'épouvantail. Cette vision complotiste du débat d'idées a toujours marché : le mythe de la juiverie internationale, le fantasme de la franc-maçonnerie et de ses réseaux etc. Car, pour persécuter (car est le but non avoué de certains), il faut raviver le spectre de leur propre persécution : "plutôt que d'attaquer sans raison, on ne fait que se défendre contre un complot". Le Pen a fait ses choux gras d'une telle mythologie.
- L'Anti-France : bienvenue dans le monde de la rhétorique franco-fasciste, le mythe de l'Anti-France. Pour Maurras, l'Anti-France regroupait les étrangers, les juifs, les francs-maçons et les protestants. Qu'à cela ne tienne, on peut bien changer la recette : on garde les étrangers et les francs-maçons, et on rajoute musulmans et homosexuels. Il faut donc défendre la France, la vraie, contre les ennemis de l'extérieur, et de l'intérieur, susceptibles de faire s'ébranler un réseau de valeurs sur lequel un idéal branlant et désuet de la patrie s'est appuyé. Voilà pourquoi dans les commentaires du blog de M. Vanneste, revient souvent l'idée de défense du "pays réel". Le pays réel, c'est, pour Maurras, ce qui s'oppose au "pays légal" : la réalité historique de la France et son bagage moral vs. l'idéal républicain et égalitaire, écrit dans les textes, et ennemi a priori de la Nation. Remettant tout un système de valeurs réactionnaires (patriarcat, natalisme acharné etc.) en question, l'homosexualité incarne à la perfection le concept de l'Anti France.
- La lutte contre le refoulé : il y a, à n'en pas douter, tapie dans quelques uns des propos haineux lus ici ou là, une certaine haine de soi. Dépenser tant d'énergie à haïr les homosexuels (car il s'agit bien de haine) relève, chez certains, d'une lutte violente contre le retour du refoulé. Si l'homosexualité incarne, pour certains, un tel danger, c'est que le danger se situe justement chez eux. Les pires homosexuels refoulés sont souvent les pires homophobes. Mais la rhétorique de ces refoulés là est souvent différente des homophobes idéologiques : leur argumentation est moins calme, plus brouillonne et souvent confuse. Certains commentaires sont de cet acabit.
Globalement, on voit bien qu'il y a chez les défenseurs de Vanneste une contradiction interne violente : prêts à s'asseoir à tout moment sur les droits de l'homme (archétypaux, selon eux, du pays légal), ils les ressortent justement quand bon leur semble, brandissant la liberté d'expression au secours de leurs théories. Mythe de l'oppression et de la censure, retour aux valeurs, délire de l'Anti-France : les thèses maurrassiennes, mâtinées d'une certaine religiosité, effectuent, sous la bonne grâce d'un Nicolas Sarkozy dont le silence est à ce sujet remarquable, un retour en force flagrant. Politiquement, il y a la la volonté de redonner à la droite ce qu'elle a perdu et légué à Le Pen. Les Vanneste, De Villiers et consorts, la voici, la voilà, la vraie et dangereuse extrême-droite française.
Si vous êtes arrivés là, je vous félicite de votre endurance, et pour ceux que ça intéresserait, je vous glisse au passage les références de l'excellent livre de Zeev Sternhell "Ni gauche, ni droite : l'idéologie fasciste en France" qu'il serait bon ton de relire à l'aube du terrible scrutin qui nous attend en 2007.
Hey, Mr. Tambourine Man, play a song for me
7 noise(s) Nonchalament posté le 23 janvier 2006 à 14:43.
Et voilà mon questionnaire Rock&Folk, généreusement transmis par Candy Cane... Comme, face au Dewplayer, je ressemble aux singes de 2001, L'Odyssée de l'espace et leur boîte noire, il vous faudra vous contenter d'une radio où sont concentrés les titres soulignés. J'ai modifié, comme autorisé (je respecte les règles), certaines catégories, supprimé ou ajouté d'autres... parmi lesquelles "Chanson pour faire le ménage" car, qu'on se le dise, c'est important.
CHANSON
...pour la route : Sloop John B des Beach Boys, que je peux hurler cheveux aux vents sans l’ombre d’un problème, bien que les paroles ne soient pas fort à propos.
... pour chialer dans sa bière : ce n’est pas ce qui manque…j’ai honte mais j’avoue que je chiale souvent en écoutant Bridge over troubled water, de Simon & Garfunkel (écoutez, je suis un garçon sensible, il faut bien que j'assume). Sinon, So Long Marianne, de Léonard Cohen… et Innocent when you dream, de Tom Waits
...pour un défunt : Une petite cantate, de Barbara.
...berceuse : Dream a little dream of me, par Mama Cass
...décrivant un lieu : La rue Watt, de Boris Vian et interprété par Philippe Clay, parce c'est l’un des plus beaux textes écrits sur Paris. Et surtout Bruxelles de Dick Annegarn, qui a beaucoup joué dans l’affection que j’ai porté à cette ville.
...qui vous rappelle votre enfance : Lemon Incest, de Gainsbourg, sans doute parce que j’ai été traumatisé par le clip. Ou Cet enfant que je t’avais fait de Brigitte Fontaine et Higelin, que ma mère écoutait tout le temps.
...vous admettez aimer honteusement : Il y en a une tripotée, mais certaines plus assumables que d'autres, parmi lesquelles Johnny and Mary de Robert Palmer (bon d’accord, dans le genre arrangements pourris, on pourrait difficilement faire pire, mais il faut être proche du génie pour trouver une mélodie comme ça), et Clocks de Coldplay (pourtant, Coldplay…).
...que vous aimeriez avoir écrite : A peu près tout le répertoire des Beatles, de Dylan, du Velvet... Mais il y a une chanson (objectivement pas très bonne) que j'aimerais vraiment avoir écrite, juste pour me dire "Ouaaah, quel sens de la mélodie", c'est Ilfracombe, d'Hawksley Workman.
...politique : I fought the law and the law won, du Bobby Fuller Four, plus connue sous sa forme Clashesque
...de rage adolescente : Bullet with butterfly wings, des Smashing Pumpkins... Ouéééééé les pogos aux fêtes de Terminale! (c'est dans ces moments là qu'on se rend compte que l'on a été plus jeune que ce qu'on est maintenant)
..pour faire danser : I want you back des Jackson Five, Harder, Better, Faster, Stronger des Daft Punk, ou NY Excuse de Soulwax, qui me transforme en vrai looser extatique du dance floor
...pour quand on tombe amoureux : La question à ne pas poser au grand romantique que je suis, je pourrais vous sortir l’équivalent de quatre compils. S’il ne devait qu’en rester qu’une, ce serait Perfect Day de Lou Reed, j’imagine…
...pour chanter sous la douche : Ca change toutes les semaines. En général ce sont des daubes sans nom. Mais, régulièrement, j’aime beaucoup chanter Imitation of Life (faux, ça va sans dire) de REM, en m’efforçant bien de hurler sur les « C’mon C’mon C’mon, no one can see you tryyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy »
...pour faire l’amour dessus : Teardrop de Massive Attack, et j'ai presque l'impression d'être un dieu du sexe
...pour faire le ménage : Rome wasn’t built in a day, de Morcheeba, est le seul morceau qui me donne un peu de volonté pour me plier aux tâches les plus ingrates
...que ça fait mal parce qu'il/elle est parti(e) : Our Mutual Friend de The Divine Comedy (sois pas triste, Neil, je suis là)
... pour les dimanche matin : Sunday Morning du Velvet, c’est un peu facile, c’est vrai. Sinon, Black and White eyes de Syd Matters
...pour séduire : Poses, de Rufus Wainwright.
... que vous détestez par dessus tout : Quinze mille réponses, mais plutôt que de tirer sur des ambulances, n’importe quelle chanson de Bénabar ou de Mickey 3D.
... de merde que vous avez dans la tête en ce moment : horrible, j'ai l'insupportable Camisa Negra de Juanes qui me tape dans le cerveau. Je vendrais ma mère pour m'en débarasser.
Et je refile la patate chaude à tous ceux qui en voudront bien, et qui sont sur mon blogroll, en particulier à Jake, que ça détendra de l'angoisse de la page blanche, Arty, que ça va remettre au travail après s'être doré la pilule sous les tropiques (et je n'oublie pas Sskizo, -alias- , qui est quand même un expert du dewplayer , et Bochat, qui vont adorer, j'en suis sûr).
CHANSON
...pour la route : Sloop John B des Beach Boys, que je peux hurler cheveux aux vents sans l’ombre d’un problème, bien que les paroles ne soient pas fort à propos.
... pour chialer dans sa bière : ce n’est pas ce qui manque…j’ai honte mais j’avoue que je chiale souvent en écoutant Bridge over troubled water, de Simon & Garfunkel (écoutez, je suis un garçon sensible, il faut bien que j'assume). Sinon, So Long Marianne, de Léonard Cohen… et Innocent when you dream, de Tom Waits
...pour un défunt : Une petite cantate, de Barbara.
...berceuse : Dream a little dream of me, par Mama Cass
...décrivant un lieu : La rue Watt, de Boris Vian et interprété par Philippe Clay, parce c'est l’un des plus beaux textes écrits sur Paris. Et surtout Bruxelles de Dick Annegarn, qui a beaucoup joué dans l’affection que j’ai porté à cette ville.
...qui vous rappelle votre enfance : Lemon Incest, de Gainsbourg, sans doute parce que j’ai été traumatisé par le clip. Ou Cet enfant que je t’avais fait de Brigitte Fontaine et Higelin, que ma mère écoutait tout le temps.
...vous admettez aimer honteusement : Il y en a une tripotée, mais certaines plus assumables que d'autres, parmi lesquelles Johnny and Mary de Robert Palmer (bon d’accord, dans le genre arrangements pourris, on pourrait difficilement faire pire, mais il faut être proche du génie pour trouver une mélodie comme ça), et Clocks de Coldplay (pourtant, Coldplay…).
...que vous aimeriez avoir écrite : A peu près tout le répertoire des Beatles, de Dylan, du Velvet... Mais il y a une chanson (objectivement pas très bonne) que j'aimerais vraiment avoir écrite, juste pour me dire "Ouaaah, quel sens de la mélodie", c'est Ilfracombe, d'Hawksley Workman.
...politique : I fought the law and the law won, du Bobby Fuller Four, plus connue sous sa forme Clashesque
...de rage adolescente : Bullet with butterfly wings, des Smashing Pumpkins... Ouéééééé les pogos aux fêtes de Terminale! (c'est dans ces moments là qu'on se rend compte que l'on a été plus jeune que ce qu'on est maintenant)
..pour faire danser : I want you back des Jackson Five, Harder, Better, Faster, Stronger des Daft Punk, ou NY Excuse de Soulwax, qui me transforme en vrai looser extatique du dance floor
...pour quand on tombe amoureux : La question à ne pas poser au grand romantique que je suis, je pourrais vous sortir l’équivalent de quatre compils. S’il ne devait qu’en rester qu’une, ce serait Perfect Day de Lou Reed, j’imagine…
...pour chanter sous la douche : Ca change toutes les semaines. En général ce sont des daubes sans nom. Mais, régulièrement, j’aime beaucoup chanter Imitation of Life (faux, ça va sans dire) de REM, en m’efforçant bien de hurler sur les « C’mon C’mon C’mon, no one can see you tryyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy »
...pour faire l’amour dessus : Teardrop de Massive Attack, et j'ai presque l'impression d'être un dieu du sexe
...pour faire le ménage : Rome wasn’t built in a day, de Morcheeba, est le seul morceau qui me donne un peu de volonté pour me plier aux tâches les plus ingrates
...que ça fait mal parce qu'il/elle est parti(e) : Our Mutual Friend de The Divine Comedy (sois pas triste, Neil, je suis là)
... pour les dimanche matin : Sunday Morning du Velvet, c’est un peu facile, c’est vrai. Sinon, Black and White eyes de Syd Matters
...pour séduire : Poses, de Rufus Wainwright.
... que vous détestez par dessus tout : Quinze mille réponses, mais plutôt que de tirer sur des ambulances, n’importe quelle chanson de Bénabar ou de Mickey 3D.
... de merde que vous avez dans la tête en ce moment : horrible, j'ai l'insupportable Camisa Negra de Juanes qui me tape dans le cerveau. Je vendrais ma mère pour m'en débarasser.
Et je refile la patate chaude à tous ceux qui en voudront bien, et qui sont sur mon blogroll, en particulier à Jake, que ça détendra de l'angoisse de la page blanche, Arty, que ça va remettre au travail après s'être doré la pilule sous les tropiques (et je n'oublie pas Sskizo, -alias- , qui est quand même un expert du dewplayer , et Bochat, qui vont adorer, j'en suis sûr).
Madame B. habite deux étages en dessous de votre appartement, dans un petit studio probablement aussi exigu que le vôtre.
Madame B. est, comme le disent les gens bien élevés, une dame d'un certain âge. Les traits sont tirés, la démarche est hésitante, et les escaliers sont parfois rudes à monter. Madame B. vit ici depuis 30 ans, et veille sur ce petit immeuble insalubre comme la plus zélée des concierges, boutant, avec un aplomb sans pareil, les visiteurs importuns hors du minuscule espace qui sert de hall d'entrée. Pour les non-résidents, il vous faudra lui montrer carte blanche, préciser qui on va voir.
Madame B. est connue - mais pourrait-il en être autrement après trois décennies passées à arpenter le quartier ? - de tous les commerçants de la rue. Elle raconte ses malheurs à qui veut bien l'entendre : ses opérations, ses problèmes de hanche, ses interminables discussions avec un syndic qui traîne inévitablement des pieds pour rénover un simple immeuble de locataires.
Mais contrairement à d'autres dames de son âge, Madame B. travaille : elle "reçoit". Ils ont entre 40 et 60 ans, le teint terne ou rougeaud et l'allure pataude. Ils incarnent à la perfection l'idée - nécessairement caricaturale - que l'on peut se faire du Français moyen : classe moyenne, femme moyenne, maison moyenne. Et sans doute, ce qui va avec : une misère sentimentale et sexuelle dont ils se sont probablement accomodés, par la force des choses. Il y a ceux qui sortent de chez Madame B. tête baissée et moue honteuse. D'autres au contraire, semblent plus à l'aise : ce sont les réguliers, ceux qui, avec l'habitude, vous saluent dans l'escalier en prenant soin d'ôter leur chapeau, pour montrer qu'ils n'ont rien perdu de leur bienséance. Ceux-là ont en général un sourire au bout des lèvres.
Madame B., donc, se prostitue. Sans doute a t-elle survécu à son maquereau, ou du moins s'en est-elle affranchie, il n'y a pas de doute sur son indépendance. Si, et parce que ce sont les règles du métier, elle est souvent vêtue de vêtements affriolants qui ne font pas de doute sur ses activités diurnes, elle se refuse à toute vulgarité. Rien de racoleur chez cette dame qui, en d'autres temps, aurait tout eu d'une lady parisienne. Aucune honte non plus. Lorsque la lumière de l'escalier est en panne, elle s'offusque - à juste titre- de ne plus pouvoir travailler. "Et comment je les fais monter mes clients, hein? Ils ne sont plus tout jeunes, pour la plupart", s'esclaffe t-elle avec une gouaille toute parisienne, mais dans une dignité incomparable.
Chez elle, un Bonsoir s'accompagne nécessairement d'un Monsieur. Au "Bonsoir Monsieur", vous répondez immanquablement "Bonsoir Madame. Comment allez-vous ?". Et, ravie par cette attention, elle se fend d'un "Très bien. Vous êtes vraiment très aimable, jeune homme".
Un jour, vous l' entendez dire, avec la discretion propre aux personnes de son âge, qui consiste à chuchoter plus fort qu'elles ne parlent : "Ce garçon... mais oui, celui du 4ème, il est vraiment charmant. Comme quoi, on se plaint de la jeunesse. Je ne les trouve pas moins bien élevés qu'avant 68".
Il faut parfois la fuir, de peur qu'elle vous alpague et vous récite par le chapitre les mille et un soucis d'une vie que, on peut l'imaginer, ne fut pas toujours facile. Mais, quand vous n'êtes pas pressé, vous prenez cinq minutes pour l'écouter.
Vous la soupçonnez de ne pas toujours passer à l'acte avec ses clients : certains d'entre eux, trop usés, sont sans doute incapables de bander. Peut-être est-ce trop naïf d'imaginer qu'elle les conforte, leur offre un thé, les serre dans ses bras, avec l'élan maternel d'une femme qui n'a peut-être jamais eu d'enfants, et qui a du subir en son temps le fer des faiseuses d'ange. Trente minutes de bon temps pour des hommes qui n'en ont plus.
Un jour, Madame B. disparaîtra, et avec elle la mémoire d'un quartier qui, aux prostituées et aux sex-shops, préfèrera inexorablement le confort éthéré des rondes de flics et des magasins de fringues. Ce sera la fin d'une vie entière consacrée - sans doute par dépit au début - au réconfort des autres.
Un jour, avant de quitter cet appartement, il faudra que vous ailliez boire le thé avec elle et qu'elle vous raconte, avant de s'éteindre de fatigue, l'histoire de cette vie parisienne.
Madame B. est, comme le disent les gens bien élevés, une dame d'un certain âge. Les traits sont tirés, la démarche est hésitante, et les escaliers sont parfois rudes à monter. Madame B. vit ici depuis 30 ans, et veille sur ce petit immeuble insalubre comme la plus zélée des concierges, boutant, avec un aplomb sans pareil, les visiteurs importuns hors du minuscule espace qui sert de hall d'entrée. Pour les non-résidents, il vous faudra lui montrer carte blanche, préciser qui on va voir.
Madame B. est connue - mais pourrait-il en être autrement après trois décennies passées à arpenter le quartier ? - de tous les commerçants de la rue. Elle raconte ses malheurs à qui veut bien l'entendre : ses opérations, ses problèmes de hanche, ses interminables discussions avec un syndic qui traîne inévitablement des pieds pour rénover un simple immeuble de locataires.
Mais contrairement à d'autres dames de son âge, Madame B. travaille : elle "reçoit". Ils ont entre 40 et 60 ans, le teint terne ou rougeaud et l'allure pataude. Ils incarnent à la perfection l'idée - nécessairement caricaturale - que l'on peut se faire du Français moyen : classe moyenne, femme moyenne, maison moyenne. Et sans doute, ce qui va avec : une misère sentimentale et sexuelle dont ils se sont probablement accomodés, par la force des choses. Il y a ceux qui sortent de chez Madame B. tête baissée et moue honteuse. D'autres au contraire, semblent plus à l'aise : ce sont les réguliers, ceux qui, avec l'habitude, vous saluent dans l'escalier en prenant soin d'ôter leur chapeau, pour montrer qu'ils n'ont rien perdu de leur bienséance. Ceux-là ont en général un sourire au bout des lèvres.
Madame B., donc, se prostitue. Sans doute a t-elle survécu à son maquereau, ou du moins s'en est-elle affranchie, il n'y a pas de doute sur son indépendance. Si, et parce que ce sont les règles du métier, elle est souvent vêtue de vêtements affriolants qui ne font pas de doute sur ses activités diurnes, elle se refuse à toute vulgarité. Rien de racoleur chez cette dame qui, en d'autres temps, aurait tout eu d'une lady parisienne. Aucune honte non plus. Lorsque la lumière de l'escalier est en panne, elle s'offusque - à juste titre- de ne plus pouvoir travailler. "Et comment je les fais monter mes clients, hein? Ils ne sont plus tout jeunes, pour la plupart", s'esclaffe t-elle avec une gouaille toute parisienne, mais dans une dignité incomparable.
Chez elle, un Bonsoir s'accompagne nécessairement d'un Monsieur. Au "Bonsoir Monsieur", vous répondez immanquablement "Bonsoir Madame. Comment allez-vous ?". Et, ravie par cette attention, elle se fend d'un "Très bien. Vous êtes vraiment très aimable, jeune homme".
Un jour, vous l' entendez dire, avec la discretion propre aux personnes de son âge, qui consiste à chuchoter plus fort qu'elles ne parlent : "Ce garçon... mais oui, celui du 4ème, il est vraiment charmant. Comme quoi, on se plaint de la jeunesse. Je ne les trouve pas moins bien élevés qu'avant 68".
Il faut parfois la fuir, de peur qu'elle vous alpague et vous récite par le chapitre les mille et un soucis d'une vie que, on peut l'imaginer, ne fut pas toujours facile. Mais, quand vous n'êtes pas pressé, vous prenez cinq minutes pour l'écouter.
Vous la soupçonnez de ne pas toujours passer à l'acte avec ses clients : certains d'entre eux, trop usés, sont sans doute incapables de bander. Peut-être est-ce trop naïf d'imaginer qu'elle les conforte, leur offre un thé, les serre dans ses bras, avec l'élan maternel d'une femme qui n'a peut-être jamais eu d'enfants, et qui a du subir en son temps le fer des faiseuses d'ange. Trente minutes de bon temps pour des hommes qui n'en ont plus.
Un jour, Madame B. disparaîtra, et avec elle la mémoire d'un quartier qui, aux prostituées et aux sex-shops, préfèrera inexorablement le confort éthéré des rondes de flics et des magasins de fringues. Ce sera la fin d'une vie entière consacrée - sans doute par dépit au début - au réconfort des autres.
Un jour, avant de quitter cet appartement, il faudra que vous ailliez boire le thé avec elle et qu'elle vous raconte, avant de s'éteindre de fatigue, l'histoire de cette vie parisienne.
Musique fait les gens venir ensemble, chantait Madonna. L'occasion, sur ces paroles pleines de sens, de renouveler notre boîte à musiques, qui, pour cette session, sera un peu mou du gland. Car, l'hiver, c'est aussi l'occasion d'écouter des chansons douces au coin du feu, qu'on se le dise.
En écoute donc
Terrible Angel de Coco Rosie (ce qui me rappelle que j'ai écouté la retransmission de leur concert sur France Culture cet hiver, en plein milieu de la route des Landes, une route qui, ne l'oublions pas, a aussi des virages)
Metaphorically Yours, de Ed Harcourt, que-ça-te-donne-l'envie-d'être-amoureux
Such Great Heights, d'Iron and Wine
Hey that's no way to say goodbye, de Leonard Cohen (eh oui, je commence à vous saoûler avec Leonard, c'est parti!)
Make your own kind of music, par la grandiose Mama Cass (et remise au goût du jour par la 2ème saison de Lost)
Lifeguard Sleeping, Girl Drowning, sur le meilleur album de Morrissey, devenu ce que l'on sait par la suite
Fly, de Nick Drake
For No One, ma préférée des Fab Four bien qu'objectivement, ce soit loin d'être leur meilleure
Against All Odds, reprise par The Postal Service.
et pour finir, un peu de Silver Mt Zion pour se croire en plein trip sous LSD au milieu de la forêt.
Musique toujours, avec un peu de publicité éhontée (mais sans flagornerie) pour un beuhlog que j'ai découvert. Un garçon capable d'interpréter avec autant de classe le générique de Punky Brewster que 1979 des Smash' ou Everybody's got to learn sometimes, ça impose le respect. Enfin voilà, faites de la pub à ce garçon plein d'avenir
(le premier qui me sort que mon avis est biaisé par la présence sur la radio dudit garçon d'une reprise de Perfect Lovesong de The Divine Comedy se verra asséner mon désormais légendaire "coup de jambonneau dans la face")
Sur ce post aussi peu inspiré qu'inspirant, je vous souhaite, comme le chantait Sinsemilia dans une des chansons les plus incroyablement neuneus et indigentes de 2005, tout le bonheur du monde.
En écoute donc
Terrible Angel de Coco Rosie (ce qui me rappelle que j'ai écouté la retransmission de leur concert sur France Culture cet hiver, en plein milieu de la route des Landes, une route qui, ne l'oublions pas, a aussi des virages)
Metaphorically Yours, de Ed Harcourt, que-ça-te-donne-l'envie-d'être-amoureux
Such Great Heights, d'Iron and Wine
Hey that's no way to say goodbye, de Leonard Cohen (eh oui, je commence à vous saoûler avec Leonard, c'est parti!)
Make your own kind of music, par la grandiose Mama Cass (et remise au goût du jour par la 2ème saison de Lost)
Lifeguard Sleeping, Girl Drowning, sur le meilleur album de Morrissey, devenu ce que l'on sait par la suite
Fly, de Nick Drake
For No One, ma préférée des Fab Four bien qu'objectivement, ce soit loin d'être leur meilleure
Against All Odds, reprise par The Postal Service.
et pour finir, un peu de Silver Mt Zion pour se croire en plein trip sous LSD au milieu de la forêt.
Musique toujours, avec un peu de publicité éhontée (mais sans flagornerie) pour un beuhlog que j'ai découvert. Un garçon capable d'interpréter avec autant de classe le générique de Punky Brewster que 1979 des Smash' ou Everybody's got to learn sometimes, ça impose le respect. Enfin voilà, faites de la pub à ce garçon plein d'avenir
(le premier qui me sort que mon avis est biaisé par la présence sur la radio dudit garçon d'une reprise de Perfect Lovesong de The Divine Comedy se verra asséner mon désormais légendaire "coup de jambonneau dans la face")
Sur ce post aussi peu inspiré qu'inspirant, je vous souhaite, comme le chantait Sinsemilia dans une des chansons les plus incroyablement neuneus et indigentes de 2005, tout le bonheur du monde.
)"'>A day in the life (ou Comment j'ai rendu ma journée googlisable)
7 noise(s) Nonchalament posté le 12 janvier 2006 à 21:46.
théorie de la connaissance /cause efficiente / monde sensible / mécanisme /analytiques a posteriori / schème / phoronomie / permanence de la substance / formes a priori de la sensibilité / cigarette / esthétique transcendantale / cigarette / table des catégories / critères de falsifiabilité / élimination de la métaphysique / paradigme kuhnien / le soleil se lèvera t-il demain ? / Trilemme de Fries / analyse synchronique / réflexion intégratrice / cosmologie anticonsmogonique / epistémologie anhistorique / preuve ontologique / révolution copernicienne / infini en acte / désubjectivation de la pensée / vérificationnisme / café / non-scientificité / empirisme logique / psychophysique / on se fait une pause ? / Moi étendu / analyse des sensations / café + cigarette / antiatomisme / matérialisme physique / positivisme logique / théorie des trois états / grands récits / psychanalyse du feu / Le néant néantise / Dasein / aristotélicisme à l'action / sphère des fixes / premier moteur immobile / putain de doxa universitaire / commentaire immanent / déduction naturelle / cigarette /logique tarskienne / indécidabilité /gnoséologie / post-cartésianisme /doliprane / probabilisme quantique / théories des facultés / le laïcisme est il kantien / irréfutabilité du scepticisme / dodo
Et en plus, je viens d'apprendre avec 18 ans de retard que l'autre connasse de M*y*lène F*ar*mer avait chanté L'horloge de Baudelaire. Vivement les vacances, je vous jure...
Et en plus, je viens d'apprendre avec 18 ans de retard que l'autre connasse de M*y*lène F*ar*mer avait chanté L'horloge de Baudelaire. Vivement les vacances, je vous jure...
- C'est à l'angle de la rue de la Roquette et du Faubourg Saint-Antoine que j'ai rencontré P.
- C'est dans un passage de la rue de Charonne, à l'angle avec la rue Faidherbe, que j'ai fumé ma première cigarette
- C'est à l'angle de la rue du Petit-Musc et de la rue Beautreillis que j'ai quitté P.
- C'est sur la place du Bourg-Tibourg que j'ai rencontré M.
- C'est dans un café de la rue des Pyrénées que j'ai mis un nom sur ma sexualité.
(C'est dans ce même café que, des années plus tard, je suis parti sans payer)
- C'est sur le quai de l'Arsenal que j'ai su qu'il se passerait quelque chose avec M.
- C'est à l'angle de la place de la Bastille et du boulevard Beaumarchais que, le 21 avril 2002, j'ai compris ce qu'était une tristesse collective.
- C'est Place Jussieu, en face de la rue des Boulangers, que j'ai manqué de me faire écraser par un bus.
- C'est rue des Trois-Bornes que se situait mon école maternelle.
- C'est rue Charlemagne que j'ai appris qu'un avion venait de s'écraser sur une des tours du WTC.
- C'est sur le Pont-Neuf que M. et moi nous sommes quittés pour la première fois
- C'est rue Watt que je pense à Boris Vian
- C'est rue du Figuier que j'ai su que j'étais séronégatif pour la première fois.
- C'est Boulevard Voltaire que j'ai fait ma première manif
- C'est rue Titon que j'ai voté pour la première fois.
- C'est rue des Maraîchers qu'elle s'est suicidée
- C'est Cours de Vincennes que j'ai appris que j'avais mon bac.
- C'est rue d'Avron que j'ai effectué ma première descente de rue en caddie.
- C'est à l'angle de l'avenue Trudaine et de la rue des Martyrs que j'ai pleuré pour un garçon.
- C'est rue de la Goutte d'Or que je me suis fait embarquer par la police pour refus d'obtempérer.
- C'est avenue Kléber que j'ai roulé ma plus grosse pelle.
- C'est la rue Saint-Jacques que j'ai descendue à velo, en contre sens et sous la neige.
C'est à Paris que je suis heureux.
- C'est dans un passage de la rue de Charonne, à l'angle avec la rue Faidherbe, que j'ai fumé ma première cigarette
- C'est à l'angle de la rue du Petit-Musc et de la rue Beautreillis que j'ai quitté P.
- C'est sur la place du Bourg-Tibourg que j'ai rencontré M.
- C'est dans un café de la rue des Pyrénées que j'ai mis un nom sur ma sexualité.
(C'est dans ce même café que, des années plus tard, je suis parti sans payer)
- C'est sur le quai de l'Arsenal que j'ai su qu'il se passerait quelque chose avec M.
- C'est à l'angle de la place de la Bastille et du boulevard Beaumarchais que, le 21 avril 2002, j'ai compris ce qu'était une tristesse collective.
- C'est Place Jussieu, en face de la rue des Boulangers, que j'ai manqué de me faire écraser par un bus.
- C'est rue des Trois-Bornes que se situait mon école maternelle.
- C'est rue Charlemagne que j'ai appris qu'un avion venait de s'écraser sur une des tours du WTC.
- C'est sur le Pont-Neuf que M. et moi nous sommes quittés pour la première fois
- C'est rue Watt que je pense à Boris Vian
- C'est rue du Figuier que j'ai su que j'étais séronégatif pour la première fois.
- C'est Boulevard Voltaire que j'ai fait ma première manif
- C'est rue Titon que j'ai voté pour la première fois.
- C'est rue des Maraîchers qu'elle s'est suicidée
- C'est Cours de Vincennes que j'ai appris que j'avais mon bac.
- C'est rue d'Avron que j'ai effectué ma première descente de rue en caddie.
- C'est à l'angle de l'avenue Trudaine et de la rue des Martyrs que j'ai pleuré pour un garçon.
- C'est rue de la Goutte d'Or que je me suis fait embarquer par la police pour refus d'obtempérer.
- C'est avenue Kléber que j'ai roulé ma plus grosse pelle.
- C'est la rue Saint-Jacques que j'ai descendue à velo, en contre sens et sous la neige.
C'est à Paris que je suis heureux.
Je me mords les doigts de n'avoir pu me rendre à la soirée de Jake, mais les obligations amicales étaient telles que ma soirée s'est transformé en opération Rescue Me. Surtout que si j'étais venu, j'aurais pu faire rempart de mon corps contre les bandits qui ont détroussé Bochat.
Je suis impardonnable, mais j'imagine que la soirée était géniaaaaaaale même sans moi (et pourtant Dieu sait que je suis sans pareil pour mettre le feu)
Avant de jouer à l'oreille compatissante, j'étais quand même allé voir Good night, and good luck, le dernier film de Clooney. Qu'en penser ? Comme c'est là que je l'attendais au tournant, force est de constater que la mise en scène est plutôt très bien maîtrisée (sans être follement originale), le noir et blanc est impeccable, et en purs termes formels, tout cela est assez brillant.
L'interprétation est carrément exceptionnelle, bien que le casting (excellent au demeurant : Patricia Clarkson, Jeff Daniels, Robert Downey Jr.) soit littéralement écrasé par la performance de David Straithairn, eternel second rôle du cinéma US, et pourtant un des comédiens les plus fantastiques que j'ai jamais vus. Dans le genre "leçon de comédien, ça vous cloue sur le siège.
Le scénario est très efficace, évitant la leçon pamphlétaire que l'on peut craindre, et c'est un bel hommage au métier de journaliste. Pourtant, tout cela manque d'envergure, comme si le scénario était trop à l'étroit dans son sujet. Bref, je n'en dis pas plus, parce que ça vaut le coup de se déplacer pour le voir, mais on a plus à faire à un excellent téléfilm d'HBO qu'une grande oeuvre de cinéma.
Sur ce, je m'en vais retrouver Feyerabend, épistémologue autrichien (et accessoirement physicien, metteur en scène, et chanteur d'opéra) qui aimait à parler d'une philosophie anarchiste de la science. C'est y pas fun pour un dimanche?
Je suis impardonnable, mais j'imagine que la soirée était géniaaaaaaale même sans moi (et pourtant Dieu sait que je suis sans pareil pour mettre le feu)
Avant de jouer à l'oreille compatissante, j'étais quand même allé voir Good night, and good luck, le dernier film de Clooney. Qu'en penser ? Comme c'est là que je l'attendais au tournant, force est de constater que la mise en scène est plutôt très bien maîtrisée (sans être follement originale), le noir et blanc est impeccable, et en purs termes formels, tout cela est assez brillant.
L'interprétation est carrément exceptionnelle, bien que le casting (excellent au demeurant : Patricia Clarkson, Jeff Daniels, Robert Downey Jr.) soit littéralement écrasé par la performance de David Straithairn, eternel second rôle du cinéma US, et pourtant un des comédiens les plus fantastiques que j'ai jamais vus. Dans le genre "leçon de comédien, ça vous cloue sur le siège.
Le scénario est très efficace, évitant la leçon pamphlétaire que l'on peut craindre, et c'est un bel hommage au métier de journaliste. Pourtant, tout cela manque d'envergure, comme si le scénario était trop à l'étroit dans son sujet. Bref, je n'en dis pas plus, parce que ça vaut le coup de se déplacer pour le voir, mais on a plus à faire à un excellent téléfilm d'HBO qu'une grande oeuvre de cinéma.
Sur ce, je m'en vais retrouver Feyerabend, épistémologue autrichien (et accessoirement physicien, metteur en scène, et chanteur d'opéra) qui aimait à parler d'une philosophie anarchiste de la science. C'est y pas fun pour un dimanche?
Avant d'aller bouger son corps sur les mix de mon top kewl blog brother, j'ai nommé Jake, quoi de mieux qu'une jolie citation de Lacan pour attaquer le week-end.
C'est du Lacan, donc nécessairement un peu obscur (je vous ai pourtant épargné les considérations topologiques), mais la définition qu'il propose (en gras) de l'angoisse est séduisante, à mettre en regard avec celle de Freud (pour qui l'angoisse est associée à la perte d'objet). Comme je suis sur que ça va vous faire chier, cette note va bientôt disparaître dans les limbes numériques... Mais bon, c'est mon beuhlog, je vais c'que j'veux!
"Quand il apparaît quelque chose là, c'est donc, si je puis m'exprimer ainsi, que le manque vient à manquer. Or ceci pourra vous apparaître une pointe, un mot d'esprit bien à sa place, dans mon style dont chacun sait qu'il est gongorique. Eh bien, je m'en fous. Je vous ferai simplement observer qu'il peut se produire bien des choses dans le sens de l'anomalie, ce n'est pas ça qui nous angoisse. Mais si tout d'un coup vient à manquer toute norme, c'est-à-dire ce qui fait le manque, car la norme est corrélative de l'idée de manque, si tout d'un coup ça ne manque pas, et croyez-moi, essayez d'appliquer ça à bien des choses, c'est à ce moment-là que commence l'angoisse"
C'est du Lacan, donc nécessairement un peu obscur (je vous ai pourtant épargné les considérations topologiques), mais la définition qu'il propose (en gras) de l'angoisse est séduisante, à mettre en regard avec celle de Freud (pour qui l'angoisse est associée à la perte d'objet). Comme je suis sur que ça va vous faire chier, cette note va bientôt disparaître dans les limbes numériques... Mais bon, c'est mon beuhlog, je vais c'que j'veux!
"Quand il apparaît quelque chose là, c'est donc, si je puis m'exprimer ainsi, que le manque vient à manquer. Or ceci pourra vous apparaître une pointe, un mot d'esprit bien à sa place, dans mon style dont chacun sait qu'il est gongorique. Eh bien, je m'en fous. Je vous ferai simplement observer qu'il peut se produire bien des choses dans le sens de l'anomalie, ce n'est pas ça qui nous angoisse. Mais si tout d'un coup vient à manquer toute norme, c'est-à-dire ce qui fait le manque, car la norme est corrélative de l'idée de manque, si tout d'un coup ça ne manque pas, et croyez-moi, essayez d'appliquer ça à bien des choses, c'est à ce moment-là que commence l'angoisse"
Salve de brèves
- J'ai un élève qui me fait penser aux enfants du Village des damnés. Pour qui n'a pas vu le film (l'original, surtout, celui de 1960 et pas le remake un peu naze de Carpenter), ça ne dit pas grand chose. Mais je vous jure que c'est glaçant.
- L'avant projet de loi sur la réforme du CEDESA (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) me donne la nausée. Bienvenue dans le monde de l'"immigration utile", une idée proto-fasciste tout droit sortie de l'esprit bienveillant de notre future Président...
- Ma dernière facture EDF s'élève à 132€, soit 4,35€ par m² et par mois, ce que je trouve absolument dément.
- Quand j'étais à Bordeaux, j'ai découvert le centre commercial Meriadeck et son Auchan et j'ai trouvé ça hallucinant. Un truc où tu peux trouver un rayon ENTIER consacré aux lardons, où le rayon "eaux minérales" s'étend sur 10 mètres, et où tu fais quand même la queue malgré 60 caisses. Absolument fascinant
- Période "back in the days" depuis quelques jours : je n'écoute que des choses qui datent d'avant 2000. Vivement la (et là, tu noteras l'habile intermède publicitaire) soirée de Jake pour un peu de shake your ass.
- Et si l'amour, c'était aussi regarder à deux des documentaires obscurs d'Arte sur les oligarques russes ?
- Un jour, il va tomber sur mon blog, et je vais m'en prendre plein la gueule, ça va être trop kawai
- "Franchement, c'est con un poisson rouge. Tu confierais tes enfants à un poisson rouge ?"
Oui, ça fait partie des choses définitives que je suis capable de dire.
- Mitterrand était un sale type, à la politique plus que douteuse, mais c'était un homme fascinant. Tellement plus que Chirac.
- Oui, j'ai bien aimé la 3ème saison de Nip/Tuck
- Mais je vous aime aussi, rassurez-vous
- J'ai envie d'aller acheter plein de trucs à bouffer chez Tang Frères
- Paraît qu'à force de vous assommer de photos de Famke, on croirait que je ne suis pas pédé.
Alors on va laisser le mot de la fin à Adrian Brody (putain, Adrian, j'ai envie de te lécher le nez, tellement il est bandant).

Voilà, vous êtes rassurés : je suis vraiment pédé comme un foc (et pas phoque, révisez votre Littré)
- J'ai un élève qui me fait penser aux enfants du Village des damnés. Pour qui n'a pas vu le film (l'original, surtout, celui de 1960 et pas le remake un peu naze de Carpenter), ça ne dit pas grand chose. Mais je vous jure que c'est glaçant.
- L'avant projet de loi sur la réforme du CEDESA (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) me donne la nausée. Bienvenue dans le monde de l'"immigration utile", une idée proto-fasciste tout droit sortie de l'esprit bienveillant de notre future Président...
- Ma dernière facture EDF s'élève à 132€, soit 4,35€ par m² et par mois, ce que je trouve absolument dément.
- Quand j'étais à Bordeaux, j'ai découvert le centre commercial Meriadeck et son Auchan et j'ai trouvé ça hallucinant. Un truc où tu peux trouver un rayon ENTIER consacré aux lardons, où le rayon "eaux minérales" s'étend sur 10 mètres, et où tu fais quand même la queue malgré 60 caisses. Absolument fascinant
- Période "back in the days" depuis quelques jours : je n'écoute que des choses qui datent d'avant 2000. Vivement la (et là, tu noteras l'habile intermède publicitaire) soirée de Jake pour un peu de shake your ass.
- Et si l'amour, c'était aussi regarder à deux des documentaires obscurs d'Arte sur les oligarques russes ?
- Un jour, il va tomber sur mon blog, et je vais m'en prendre plein la gueule, ça va être trop kawai
- "Franchement, c'est con un poisson rouge. Tu confierais tes enfants à un poisson rouge ?"
Oui, ça fait partie des choses définitives que je suis capable de dire.
- Mitterrand était un sale type, à la politique plus que douteuse, mais c'était un homme fascinant. Tellement plus que Chirac.
- Oui, j'ai bien aimé la 3ème saison de Nip/Tuck
- Mais je vous aime aussi, rassurez-vous
- J'ai envie d'aller acheter plein de trucs à bouffer chez Tang Frères
- Paraît qu'à force de vous assommer de photos de Famke, on croirait que je ne suis pas pédé.
Alors on va laisser le mot de la fin à Adrian Brody (putain, Adrian, j'ai envie de te lécher le nez, tellement il est bandant).

Voilà, vous êtes rassurés : je suis vraiment pédé comme un foc (et pas phoque, révisez votre Littré)
Bon, allez, commençons par les formalités d'usage : excellente/über-extra/mega lol/trop bonne année 2006. C'est consensuel, mais ça fait du bien.
Mon noël ayant ressemblé de très près au cauchemar annoncé, si tant est qu'il n'eut pas été pire que ledit cauchemar, je ne m'étendrai pas là-dessus. Cela étant, j'ai vraiment cru que j'allais basculer dans le domaine des soins psychiatriques tant ce Noël à quatre a réveillé chez moi des pulsions suicidaires et/ou meurtrières.
Je ne vous raconterai pas non plus comment et pourquoi je me suis retrouvé à passer seul une nuit dans un Etap Hôtel dans cette ville terrible qu'est Angoulême, pourquoi après douze heures à la montagne, j'ai voulu fuir à tout prix, et comment mon réveillon pyrénéen à 14 s'est transformé en réveillon à deux à Bordeaux, ce qui - bien que ça sonne glauque - fut le meilleur moment de mes vacances.
Quoiqu'il en soit me revoilà sur mes deux pattes, ravi d'avoir survécu aux pires vacances de ma vie, prêt à bloguer une année de plus, et relativement content de vous retrouver.
Mon noël ayant ressemblé de très près au cauchemar annoncé, si tant est qu'il n'eut pas été pire que ledit cauchemar, je ne m'étendrai pas là-dessus. Cela étant, j'ai vraiment cru que j'allais basculer dans le domaine des soins psychiatriques tant ce Noël à quatre a réveillé chez moi des pulsions suicidaires et/ou meurtrières.
Je ne vous raconterai pas non plus comment et pourquoi je me suis retrouvé à passer seul une nuit dans un Etap Hôtel dans cette ville terrible qu'est Angoulême, pourquoi après douze heures à la montagne, j'ai voulu fuir à tout prix, et comment mon réveillon pyrénéen à 14 s'est transformé en réveillon à deux à Bordeaux, ce qui - bien que ça sonne glauque - fut le meilleur moment de mes vacances.
Quoiqu'il en soit me revoilà sur mes deux pattes, ravi d'avoir survécu aux pires vacances de ma vie, prêt à bloguer une année de plus, et relativement content de vous retrouver.